‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 263 sur 336 · Mansi, XXII · texte numérisé non relu

Mansi, XXII

gens qui sont de corps avec nous, mais non d'esprit ^ » De Béziers, l'armée marcha sur Carcassonne, où le vicomte Raymond Roger s'était réfugié. La ville se rendit ; mais cette fois les légats réussirent à contenir l'impétuosité des troupes. Les personnes et les biens furent respectés ^. Le vicomte de Béziers, fait prisonnier, mourut peu de temps après.

La terre conquise, il fallait la remettre en mains sûres. Les légats convoquèrent à cet effet les princes croisés. La suzeraineté du Languedoc fut successivement offerte au duc de Bourgogne, au comte de Nevers et au comte de Saint-Pol, qui refusèrent d'être investis de ce fief conquis par un massacre. Un petit seigneur de l'Ile-de-France, pourvu de domaines en Angleterre, Simon de Montfort, comte de Leicester, après avoir fait quelques difficultés, finit par accepter.

Celui qui devait désormais incarner dans sa personne le mouvement de la croisade, était un catholique ardent et sincère, un chef d'armée de premier ordre, un diplomate plein de ressources. Ses contemporains vantent sa foi vraie, quoique un peu fière, sa chasteté rigide, sa hardiesse dans les combats, son opiniâtreté dans la lutte, sa prudence dans les conseils ; mais une dureté excessive, un attachement Son portrait, trop prononcé à ses intérêts personnels, un dédain non dissimulé pour la race méridionale, qu'il jugeait inférieure, et qui ne pouvait être régénérée, selon lui, que par l'introduction des institutions du nord, lui firent outrepasser les instructions du pape, et lui aliénèrent les sympathies des populations qu'il était chargé de pacifier, La nature morale de Simon de Montfort se révélait dans son extérieur. Le chroniqueur Pierre des Vaux de Cernai le dépeint « de haute taille, avec

Simon de Montfort.

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