‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 265 sur 336 · Mansi, XXII, 8i · texte numérisé non relu

Mansi, XXII, 8i

Simon

fie Montfort

blesse, par

SCS procédés,

1< s ()opulations

liicridionales.

ÏMtervention du

roi d'Aragon, lierre II, on faveur du comte

de Toulouse.

Le pape essaye

en vain

de mettre fin

à la

campagne

de Simon

de Montfort.

de Montfort lui-même. Sa raison était que Raymond, bien qu'accusé d'hérésie, n'avait pas été convaincu et jugé : on devait donc se contenter de mettre ses biens sous séquestre, et ne pas les traiter comme des biens définitivement conquis. Mais Montfort, de son côté, ne se mettait guère en peine de se conformer à cette décision. Poursuivant sa marche en avant, il s'installait en maître dans les villes et dans les châteaux forts, et faisait rédiger des statuts par des assemblées où les Méridionaux avaient leur place, mais où il faisait imposer aux contrées conquises la coutume de Paris, les usages du nord. « Il se présentait comme le sauveur qui vient substituer l'ordre, la centralisation et la paix à l'anarchie féodale, dont les anciens comtes de Toulouse n'avaient pas su préserver le pays ^. » De telles mesures, si habilement qu'elles fussent présentées, exaspéraient les populations du Midi. Des seigneurs catholiques prenaient fait et cause pour Raymond.

En I2I2, le roi d'Aragon, Pierre II, ému des progrès de Simon de Monlfort et du péril que couraient les provinces du Midi, intervint en faveur de son beau-frère Raymond VI. « Les deux versants des Pyrénées n'étaient alors qu'une même patrie. Languedoc, Catalogne, Aragon, avaient les mêmes goûts pour la poésie et la même langue littéraire. Il se faisait, par-dessus les Pyrénées, un échange actif et continu de troubadours et de chevaliers, d'idées, de chansons et de marchandises -. » Le pape lui-même intervint une fois encore. Il enjoignit au vainqueur du Languedoc de réparer les dommages qu'il avait causés dans plusieurs comtés qui dépendaient, comme fiefs, du royaume d'Aragon ^. Innocent III fit plus encore. Il jugea que le comte de Toulouse était assez puni, et il enjoignit à Simon de mettre fin à son expédition, pour prendre part à une croisade contre les Sarrasins d'Espagne. Il écrivit à ce propos, le i5 janvier 1212, à l'archevêque de Narbonne : « Entends-toi avec l'illustre roi d'Aragon, pour arrêter des conventions de paix. Applique-toi à pacifier tout le Languedoc. Cesse de provoquer le peuple chrétien à la guerre contre l'hérésie *. »

« Cette lettre, a-t-on écrit, est de la plus haute importance. Elle prouve que, pour Innocent III, la croisade était terminée à la fin de

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