I. Bréhier, V Eglise et VOrient au Moyen Age, p. i
3. A. Charasson, Un curé plébéien au XIΫ siècle, un vol. in- 13, Paris, 1905, p. 9 et s., 87 et s., 164.
întervention
des
Vénitiens.
Abstention
de la plupart
des souverains.
Participation d'un
très grand
nombre
de seigneurs.
Première
déviation de ia croisade.
deNeuilly-sur-Marnei. Dès la fin de l'année 1199, l'éloquence de FouJques avait gagné à sa cause le comte Thibaut de Champa^'^ne, le comte Louis de Blois, le comte Simon de ?dontfort, de nombreux vassaux de l'Ile-de-France et de la Champagne, et le futur historien de la croisade, Geofi'roi de Villehardouin. Au commencement de l'année suivante, Baudouin, comte de Flandre, Henri, son frère, et un grand nombre de seigneurs flamands prenaient aussi la croix. En 1201, la prédication du moine Martin, abbé de Pairis, près de Colmar, obtenait l'adhésion d'une grande partie des seigneurs allemands. Le Sénat de Venise consentit à transporter et à nourrir pendant un an une armée de^.ôoo chevaliers, 9.000 écuyers et 20.000 fantassins, et à joindre à l'expédition 5o galères montées. Les croisés s'engagèrent à payer 85. 000 marcs d'argent, soit 4.200.000 francs, et à partager par moitié avec les Vénitiens toutes les terres dont ils feraient la conquête ^.
Cette intervention des Vénitiens, rois de la mer, dont on ne pouvait se passer, mais commerçants âpres au gain, fut une première cause de souci pour Innocent III ^. Une autre peine lui vint de l'abstention presque générale des souverains. Ni Philippe Auguste, excommunié après son divorce, ni Otton de Brunswick, en lutte avec Frédéric de Souabe, ni les princes dont le pape avait repoussé les prétentions en Italie, ne prirent part à la croisade. Mais jamais les seigneurs n'avaient été si nombreux, n'avaient paru si bien préparés, si disposés à marcher d'accord, sous la direction générale du pape et de ses légats ^.
La mort de Thibaut de Champagne, le chevalier poète, que les barons avaient d'abord acclamé comme leur chef, et le choix qui fut fait aussitôt, pour le remplacer, du marquis Boniface de Montferrat, frère de l'ancien rival de Guy de Lusignan, furent deux événements de funeste augure. Peu de temps après, quand, à 1 été de 1202, le légat pontifical, Pierre Gapuano, se rendit à Venise, pour s'embarquer avec les croisés, il apprit avec stupéfaction que la flotte, au lieu d'appareiller sur l'Egypte ou la Syrie, se préparait à partir pour la Dalmatie. Le vieux Doge, Dandolo, lui signifia, d'ailleurs,