‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 272 sur 336 · GossELiN, op. cit., p · texte numérisé non relu

GossELiN, op. cit., p

II use de ce droit

contre Otton IV.

Otton

cherche alors

dans une ligue

contre

ia France

le moyen de

restaurer

sa fortune

politique.

Bataille

de Bouvines

(37 juillet

iai4).

Portée de

cette bataille

au point de vue

de l'histoire

de l'Eglise.

religieuse. Soutenu par son oncle Jean sans Terre, qui, par sa rivalité avec Philippe Auguste et par sa révolte contre Rome, était deux fois son allié ; appuyé par Ferrandde Portugal, comte de Flandre, qui avait à se plaindre du roi de France, Otton leva une armée, qui comptait^ à côté des troupes fournies par l'Allemagne, l'Angleterre et la Flandre, celles que lui amenèrent le Brabant, la Hollande, la Lorraine, le Limbourg, un certain nombre de seigneurs féodaux irrités contre Philippe Auguste, notamment toute la noblesse d'Aquitaine. Le roi de France avait pour lui ses deux alliées héréditaires, toujours présentes au moment difficile : l'Eglise et les communes. Les confédérés se croyaient tellement sûrs du succès qu'ils avaient arrêté d'avance le partage du royaume de France.

Les deux armées se rencontrèrent le dimanche, 27 juillet, dans la plaine de Bouvines, sur la Marque, à peu de distance de Lille. Les troupes de la coalition comptaient 80.000 hommes ; la France ne pouvait leur opposer que 26.000 soldats. Les Français allaient se battre dans la proportion d'un contre trois. Mais ils avaient conscience de la grandeur de la lutte qui allait se livrer, de la justice de leur cause. Presque toutes les provinces de la vieille France étaient représentées. Les milices bourgeoises ne faisaient qu'un avec Philippe Auguste et ses chevaliers fidèles. Tous les historiens de ce temps ont parlé du souffle chevaleresque qui, dans la bataille de Bouvines, transporta les âmes et décupla les forces. Tous aussi ont parlé du rôle joué, à côté du roi de France, incarnation vivante de la nation, par l'évêque Garin de Senlis, représentant de l'Eglise, qu'on vit, durant toute l'action, parcourir le champ de bataille, exhortant les soldats et les chefs, communiquant à tous le feu sacré dont il était animé. La défaite d'Otton fut complète. Jamais on ne vit se manifester avec plus d'éclat la supériorité d'une poignée de héros, guidés par l'amour de Dieu et de la patrie, sur une masse de guerriers n'ayant pour lien qu'une communauté d'intérêts et de rancunes ; et lorsque, vers le soir, on vit l'empereur s'enfuir honteusement, avec les débris de son armée, on put se dire que la victoire qui venait d'être remportée était à la fois la victoire de la France et celle de l'Eglise ^

I. L. Sàlembier, Bouvines, Lille, 1907. M. Lavisse a pu écrire (Journal des Débats de décembre 1888) qu'à Bouvines « César et saint Pierre s'étaient rencontrés » ; et un écrivain militaire, faisant allusion au rôle de Garin de Senlis pen-

T/ ORGANISATION DE LA CHRETIENTE 460

Dès que le désastre d'Olton lut connu, les villes du Rhin se soumirent à Philippe Auguste. Le royaume d'Arles, celui de Danemark, la féodalité de Lorraine, abandonnèrent une cause perdue. Le soir même de la bataille, le roi de France envoya à l'heureux rival d'Otlon les débris du dragon de l'empire, pris et brisé dans la mêlée. Frédéric de Hohenstaufen était désormais le maître incontesté de l'Allemagne. Il renouvela les engagements pris envers le pape l'an- Frédéric de née précédente, lui promit la liberté des élections ecclésiastiques et "«henstaufen des appels au Saint-Siège, l'aide contre les hérétiques, en un mot au iZZÎièg. 1 obéissance la plus entière. Ces promesses, qu'il prit soin de faire ^'^/^éissance ratifier par la féodalité allemande, dépassaient toutes celles qu'avaient '" ^^^^ '"'**"• pu faire Otton et Philippe. Mais cette répudiation de tout le programme de la race par un Hohenstaufen, était trop radicale pour être durable. On peut se demander si elle était sincère. Frédéric II, « l'empereur polyglotte et lettré, l'ami des Sarrasins, le despote én.gmatique i », allait bientôt se révéler, et se conduire pendant trente ans comme un des adversaires les plus redoutables de la papauté et de l'Eglise.

Après le Saint-Empire, que sa conslitution même — • si mal comprise, hélas 1 de beaucoup de ses souverains — avait établi le protecteur officiel des droits de l'Eglise ; après le royaume normand des deux Siciles, dont l'épée, souvent indocile, savait du moins, aux jours de crise, donner de grands coups pour la défense de la papauté, trois nations se faisaient gloire de mettre leurs forces au service de la chrétienté. L'Espagne, en contact perpétuel avec le monde musulman, était comme le chevalier toujours debout sur la frontière ; l'Angleterre, si étroitement attachée au Siège de Rome par ses premières origines et par ses plus anciennes traditions, tenait à honneur d'y rester fidèle ; et la France, toujours généreuse, avait montré, dans bien des circonstances, qu'elle ne voulait se laisser devancer

dant le combat, n'a pas craint d'affirmer que « la bataille avait été littéralement gagne^e par un évêque ». (Henri DBLPBCH,^a Tactique an XIII^ siècle. Paris r'Iô,

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