‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 275 sur 336 · Mansi, XXII, 708, supplem., II · texte numérisé non relu

Mansi, XXII, 708, supplem., II

3. Ibid., 722 ; H. Froideyaux, De regiis conciliis Philippo II régnante habitiSf 1891, p. 98, n. 62.

Soumission feinte

àSoissonsle 2 mars 1201. Le roi Philippe Auguste, la reine Inge-

burge, le roi Canut de Danemark, y assistèrent. Pendant quatorze

jours on délibéra sur la valeur du mariage du roi. L'issue n'était

pas douteuse. Philippe le comprit, et joua de ruse. Sans attendre le

prononcé du jugement, il déclara spontanément qu'il se décidait à

reprendre pour femme la fille du roi de Danemark, et aussitôt, jg Philippe

montant à cheval, et prenant Ingeburge en croupe, il partit au Auguste.

galop de Soissons. Le concile fut dissous. C'est tout ce que voulait

Philippe. Aucune décision juridique n'ayant été prise, au bout de

quelque temps il fit enfermer de nouveau Ingeburge.

La mort d'Agnès de Méranie, survenue en août 1201, parut cependant amener dans ses sentiments un mouvement sérieux de retour. Il témoigna de nouveau le désir de se réconcilier avec Rome. Le pape, poussant la condescendance à l'extrême, se décida, pour lui montrer son amour de la paix, à légitimer, sur sa demande, les deux enfants qu'il avait eus d'Agnès, par la raison qu'après la sentence de dissolution prononcée par l'archevêque de Reims, le roi avait conclu de bonne foi un nouveau mariage. Mais cette concession, loin de désarmer Philippe, sembla le rendre plus audacieux dans ses prétentions. De 1202 à I2i3, la condition d'Ingeburge, éloignée du roi et captive, fut misérable. On lui refusait toutes les commodités de la vie, des habits et Hne nourriture convenables, et jusqu'aux consolations de la religion. A diverses reprises, par ses lettres, par ses légats, Innocent renouvela auprès du roi ses instances*. Philippe, loin de répondre à ces paternelles démarches, essayait encore, en 12 10, de se marier avec une fille du landgrave de Thuringe. Enfin, en I2i3, il se décida à reprendre IngeLiuge, et la reprit, en effet, définitivement. Un intérêt politique avait déterminé primitivement ce mariage, un intérêt politique paraît avoir amené Philippe Auguste à le ratifier. Dans l'expédition qu'il méditait de faire en Angleterre, le roi de France avait besoin de l'appui du pape et de Talliance du roi de Danemark. Quoi qu'il en soit, la joie fut grande à Rome et en France. Ingeburge garda officiellement sa situation de reine jusqu'à la mort du roi son époux en I223. Elle lui survécut même plus de quinze ans, traitée en reine par son fils Louis VIII et par son petit-fils Louis IX.

Nouvelle révolte.

Soumission définitive.

Page 1