‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 28 sur 336 · I. James Bryce, op. cit., p. 187, 3./6td , p · texte numérisé non relu

I. James Bryce, op. cit., p. 187, 3./6td , p

Election

du pape

Grégoire V

(3 mai 996).

Crescenlius

trompe

le pape par

«on hypocrisie,

seigDeur apostolique, et priaieDl l'empereur de leur transmettre ses inlenlions relativement au choix d'un successeur. Or parmi les clercs delà chapelle royale, se trouvait un petit-fils d'Otton le Grand, nommé Brunon. Fort instruit dans les lettres humaines (il parlait trois langues : le latin, l'allemand et le roman ou gaulois vulgaire), sa naissance lui assurait une grande considération ; son caractère était noble et généreux ; on n'aurait pu lui reprocher que la jeunesse, car il n'avait que vingt-trois ans. Otton, son cousin, avoit pour lui une vive affection. Il le désigna aux envoyés comme le candidat de son choix. L'élection se fît selon le désir royal, et, le 3 mai 996, Brunon fut proclamé pape ^. » Le 21 du même mois, il sacra solennellement son cousin. Comme naguère la maison • italienne de Théophylacte, la maison allemande des Ottons tenait en ses mains les pouvoirs suprêmes du Sacerdoce et de l'Empire I Mais la nouvelle combinaison politique n'eut pas plus de succès que l'ancienne. Le candidat de l'empereur n'eut aucun des vices de Jean XII, mais Otton III devait être le dernier empereur de sa race.

Le nouvel élu, en témoignage de sa vénération pour saint G^ goire le Grand, prit le nom de Grégoire V. « Personnellement, dit Hefele, il était vertueux, zélé pour le droit et l'équité, fort instruit et rempli de ces grandes vues qui avaient inspiré Grégoire le Grand et Nicolas P^ ^. » Deux grandes préoccupations dominèrent son pontificat : affranchir Rome des menées de Crescentius, et mettre fin à un conflit pénible où se trouvaient mêlés les plus hauts dignitaires de l'Eglise de France.

Dès l'arrivée de l'empereur à Rome, le soi-disant u patrice des Romains » avait compris que sa cause était perdue s'il n'essayait de la sauver par la ruse. Manifestant un repentir hypocrite, il s'était remis entre les mains d'Otton, qui, après l'avoir judiciairement convaincu d'usurpation de pouvoirs et d'autres méfaits, s'était contenté de le condamner à l'exil, puis, sur l'intercession du pape, lui avait fait grâce. Mais, trois mois après, l'empereur ayant repassé les Alpes, une révolte éclatait à Rome. Crescentius, exploitant le sentiment national des Italiens, et représentant Grégoire V comme l'homme du parti allemand, cherchait à reprendre son pouvoir

i.P.L,. t. CXXWII, col. 880.

a. IIefele-Leclercq, t. IV, p. 883.

LE PROTECTORAT IMPERIAL 53

perdu. Quand l'empereur apprit ces faits, il était déjà engagé dans une guerre contre les Slaves. Grégoire dut quitter Rome, et se Grëgoîrc V réfugia à Pavie, où, au début de 997, il tint un concile dans lequel de^se °réfu^gi(r les rebelles furent excommuniés^. Grescentius répondit aux excom- à^^Pavie. munications de Grégoire V en lui suscitant un rival. L'homme de son choix fut un certain Philagathe, archevêque de Plaisance, Calabrais, Grec d'origine, qui, l'année précédente, avait été envoyé à Philagathe, Constantinople pour y négocier l'alliance de l'empereur Otlon III jg plaisance, avec la princesse Hélène, fille de Constantin VIII. « La famille de Crescentius avait toujours cherché à s'appuyer sur l'influence byzantine, alors très puissante dans l'Italie méridionale, et à l'opposer à l'ingérence des souverains allemands *, » et Ton a conjecturé avec beaucoup de vraisemblance que, dès ce voyage, l'indigne prélat, déjà vendu à Crescentius, avait tramé un complot avec le gouvernement de Constantinople ; Crescentius, maître du pouvoir à Rome, s'y conduirait comme lieutenant général des souverains de Byzance. En chassant le pape de Rome, le patrice avait pris possession du Château Saint-Ange, d'où il dominait la ville. Les grandes sommes qu'apportait Philagathe de Constantinople ^, comme prix de sa trahison, servirent à acheter un certain nombre de membres du Crescentius

clergé et du peuple qui acclamèrent l'intrus sous le nom de '«'^a'^ acclamer

° . . antipape

Jean XVI. On était au mois d'avril de l'année 997. sous le nom

Mais le bruit se répandit bientôt que l'empereur Otton, victorieux ^/j^!^j.if" ^^ des Slaves, faisait route vers l'Italie. Aussi fourbe que son complice, Philagathe essaya de gagner le pape par des déclarations hypocrites. Il n'avait, disait-il, accepté que sous la pression violente de Crescentius un titre qui lui était odieux, et n'attendait qu'une occasion pour échapper au joug dont il souffrait*. Le saint abbé Nil, ermite de la Calabre, persuadé par ces déclarations, vint à Rome intercéder Intervention pour son malheureux compatriote 5. desamtNil.

Le pape et l'empereur lui firent grâce de la vie, à la condition qu'il consentît à passer le reste de ses jours dans un couvent, en expiation de ses fautes. Mais comme, pris de panique, le malheureux s'enfuyait, la foule, qui le rejoignit sur les chemins de

Page 1