partie de la
Palestine.
Traité de Jaffa
(^ février
laag).
l'année suivante, le 28 juin 1228, mais à la tête d'une flotte de cinquante navires qui n'offrait guère l'aspect d'une expédition religieuse. Les Sarrasins de Lucera s'y trouvaient mêlés aux chevaliers de la Germanie. « La croisade de Frédéric II fut une expédition purement politique. Héritier des traditions de son père Henri VI, il résolut de revendiquer pour l'autorité impériale les Etats chrétiens d'Orient, qui avaient été regardés jusque-là comme une conquête de l'Eglise. Imbu des nouvelles doctrines politiques qui étaient la conséquence de la renaissance des études de droit romain, c'était aux Césars de l'ancienne Rome que, par delà Otton et Gharlemagne, il rattachait les racines de son pouvoir. Il regardait donc comme son droit absolu d'exercer la souveraineté sur l'Orient comme sur l'Occident, sur l'Eglise comme sur l'Etat ^. n
L'audace et la ruse, servies par un concours singulier de circonstances, semblèrent d'abord assurer à cette politique un plein succès. La mort récente de l'impératrice Isabelle, en transmettant à son jeune fils Conrad ses droits éventuels à la couronne de Jérusalem, créait à Frédéric II un titre, ou du moins un prétexte à une intervention en Orient, pour y sauvegarder les droits du prince. Aussi le vit-on aussitôt parler et agir partout en maître. A Chypre, où régnait, sous. la tutelle de sa mère, Alix de Champagne, le jeune roi Henri, Frédéric s'attribua la suzeraineté du royaume et la garde du jeune souverain. Quelques barons résistèrent. Une armée débarqua dans l'île et s'en empara au nom de l'empereur.
A son arrivée en Palestine, la situation de Frédéric se présenta d'abord comme fort critique. Il était excommunié. Les grands maîtres du Temple et de l'Hôpital refusaientde communiquer avec lui ; les franciscains et les dominicains prêchaient contre lui ; beaucoup de croisés retournaient en Europe. Mais les circonstances le favorisèrent ; ou plutôt sa conscience sans scrupule lui fit utiliser au profit de sa politique un conflit qui venait d'éclater entre le Soudan d'Egypte, Mélek-el-Khamil, et le prince de Damas. En s'engageant à combattre ce dernier, en promettant d'empêcher les princes d'Occident d'attaquer l'Egypte et en garantissant aux musulmans le libre exercice de leur culte et la propriété de la mosquée d'Omar, il obtint, en retour, du soudan, la restitution de Jérusalem, de Bethléem et de Nazareth, avec les routes et hameaux qui rehaient ces