‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 284 sur 336 · Ibid., p. 5i · texte numérisé non relu

Ibid., p. 5i

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

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non des conqiiclcs périssables ^ » laissait à l'Espagne et à l'Eglise l'exemple d'un saint.

Quand Grégoire IX souleva l'Espagne contre lejoug des Sarrasins, c'était une propre tante du roi Ferdinand III, Blanche de Castille, qui gouvernait le royaume de France, comme tutrice de son fils Louis IX. Amenée en France à l'âge de douze ans, en 1200, elle y avait toujours donné l'exemple d'une vie très pieuse et très austère. Sa régence révéla de plus, en elle, une énergie virile, un dévouement absolu à la cause de l'Eglise. On lui a attribué l'inspiration de k croisade que Thibaut IV de Champagne, le chevalier-poète, conduisit en Terre Sainte en 1289 et 12^0 -. L'Eglise doit surtout vénérer en elle l'admirable mère qui forma saint Louis. De sa vie intime nous connaissons surtout ce que se plaisait à raconter son fils. Elle lui avait dit plusieurs fois qu'elle aimerait mieux le voir mort que coupable d'un péché mortel 3. Cette parole frappa vivement le jeune prince, et inspira toute sa vie.

Devenu majeur en i235, Louis IX se trouva donc, grâce à sa mère, non seulement souverain d'un royaume relativement tranquille, mais profondément pénétré des devoirs d'un roi chrétien. Le saint roi avait sans doute déjà, dans sa physionomie et dans son attitude, cette noble beauté qui faisait dire plus tard à Joinville, dans sa narration de la bataille de ÎMansourah : « Oncques si bel homme armé ne vis. » Au moral, «jamais, dit un historien, homme chargé de gouverner les hommes n'eut des intentions plus droites... Il se dirigeait à la lumière de deux idées : celle du droit, celle du salut... Il ne pensait pas que l'empiétement sur les droits acquis du prochain, la spoliation, le vol, interdits entre particuliers par la morale, fussent légitimés par la raison d'Etat... Si grand était, à ses yeux, le bienfait de la paix, qu'il consentit, à plusieurs reprises, des sacrifices pour le procurer à son pays et à ses voisins. Il avait pour principe de réconcilier ses adversaires, au lieu de profiter de leurs querelles *. » « Si j'agissais autrement, disait-il, je mériterais la haine de Dieu, qui a dit : Bénis soient les apaiseurs. »

Louis IX avait une autre raison de maintenir la paix dans son royaume et entre nations. Il rêva, dès sa première jeunesse, de

La France

et les croisades.

Blanche de Gastilie.

Saint Louis (1215-1370)

Son portrait physique et moral.

Son zèle

pour

la croisade.

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