‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 286 sur 336 · Walloiï, Saint Louis et- son temps, t. I, p. la^-iaS · texte numérisé non relu

Walloiï, Saint Louis et- son temps, t. I, p. la^-iaS

6. Wallon, op. cit., p. 127, Cf. Albérig des Trois- Fontaines, dans Hist. des Gaules, t. XXI, p. 628.

7. Le P. DE LiGNT, la Vie de saint Ferdinand, Paris, 1769, p. 188-191 ; Lao- KEVTïE, S. Ferdinand, ^. 120-124.

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

Appuyé sur les villes gibelines, Frédéric avait jeté ses troupes sur les campagnes des Guelfes ; mais les Romains s'étaient enfin décidés à prendre en main la cause de leur vieux pontife. En 1287, Grégoire IX, soutenu par les Orsini elles Conti, avait repris possession de Rome. Très habilement, il accepta la lutte sur un terrain où l'empereur le provoquait depuis quelque temps : il déclara faire appel à un concile. De tous les points du monde chrétien, lesévêques furent convoqués à se rendre à Rome. Frédéric, alors, s'effraya. Ce n'était plus seulement le pape, c'était la chrétienté tout entière qui allait peut-être s'élever contre lui. D'ailleurs, âgé alors de plus de quatre-vingt-dix-huit ans, Grégoire IX montrait une énergie infatigable. L'empereur, gardant en personne les passages de l'Italie, confia à son fils naturel Enzio une flotte, qui devait arrêter tout vaisseau porteur de prélats. Nombre d'évêques et d'abbés anglais et français furent ainsi mis dans l'impossibilité de répondre à l'appel du pape. Quelques-uns furent arrêtés par l'empereur. Louis IX intervint alors, et écrivit à Frédéric, sur un ton qui ne comportait plus d'autre débat que par les armes *. Frédéric, ne voulant point rompre avec le roi de France, mit en liberté les prisonniers. La mort du pape, intervenue peu de temps après, et l'électiou d'Innocent IV, allaient compliquer davantage encore le grave conflit.

Le pape convoque un

concile œcuménique.

Frédéric II

s'oppose

par la force

à la réunion

des prélats.

Energique

intervention

du

roi de France.

Tant de préoccupations eussent usé un tempérament moins robuste que celui de Grégoire IX. Mais ce qui est vraiment prodigieux, c'est que ce pape, parvenu au gouvernement de l'Eglise à l'âge de quatre-vingts ans, ait su donner, pendant près de vingt ans, aux sciences canoniques, philosophiques et théologiques, une impulsion forte et féconde, qui le place, près de Sylvestre II, parmi les grands promoteurs du mouvement intellectuel dans l'Eglise.

Canoniste de valeur, il avait constaté par lui-même, dans les diverses collections juridiques de son temps, deux défauts, qu'il a exprimés d'une manière concise. Ces recueils, dit-il, étaient à la fois « trop semblables et trop divers » : trop semblables par l'accumulation de plusieurs textes de signification identique, et trop divers par

Grégoire ÏX

et le mouvement intellectuel.

Etat de la législation

canonique à l'époque de

son avènement.

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