Encyclique ^terni patris
54o HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
Sa doctrine. On qualifie ordinairement saint Bonaventure de mystique. Si Ton
entend par là l'opposer à saint Thomas ou le placer hors de la théologie scolastique, on se trompe. Sans doute, il se réclame volontiers de saint Augustin, du pseudo-Denis, de saint Bernard et de l'éécole de Saint-Victor; mais, comme saint Thomas, il déclare n'avoir pas d'autre intention que de « suivre les doctrines anciennes, les plus communes et les plus autorisées * » ; comme saint Thomas, il prend pour hase de son enseignement la philosophie d'Aristote ^. Il est vrai qua côté de son œuvre théologique, le saint docteur a composé des livres de doctrine spirituelle, où, de l'avis de tous, il a excellé, a Après avoir touché au sommet de la spéculation, a dit Léon XIll, saint Bonaventure a écrit de la théologie mystique avec une telle perfection que les plus capables l'ont jugé le prince des mystiques ^. » Son Itlnerarlam mentis ad Deum^ écrit d'un trait, en 1269, sur les sommets deFAlverne, est, suivant de bons juges, l'ouvrage où se révèle le mieux son esprit et son cœur. C'est dans ce traité que se trouve cette magnifique définition de Dieu, défigurée par Pascal : «Dieu estune sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence nulle part*, w C'est là aussi qu'il adresse aux disciples d'Averroës cette belle apostrophe : « Il est vraiment étonnant que vous ne puissiez découvrir le premier principe de toutes choses, alors qu'il est si près de vous, et que son nom est écrit en lettres de feu à la voûte du firmament, en lettres d'or au fond de vos consciences ^ ! »