‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 306 sur 336 · Le\, Hist. de l Inquisition, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Le\, Hist. de l Inquisition, 1. 1, p

3. Th. DE Ca.uzons, Uist. de l'Inquisition en France, 3 vol. in-80, Paris, 1908 et s,, t. II, p. 337. (( Dans le Midi de la France, où l'Inquisition fut si active au xiii® siècle e,t au commencement du xive^ elle employa si peu la torture, que les ennemis de l'Eglise ont dû supposer, sans en fournir la moindre preuve, que l'emploi de la torture était mentionné dans des registres spéciaux aujourd'hui perdus ». (J. GtiRA.UD, au mot Inquisition, dans le Dict. apol. de la foi, t. II, col. 87^.)

/i. A.. DuFOURCQ, l'Avenir du christianisme, l'e partie, le Passé chrétien, t. VI, p. 396. L'Eglise eut aussi à intervenir dans la grande transformation que subit au xiue siècle l'économie sociale, qui, sous l'influence du grand essor [>ris par le commerce et l'industrie à partir du milieu du xiic siècle, prit une extension rapide.

Hist. gén. de l'Eglise. — IV 35

5i6 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE

Influence H faudrait parcourir une aune toutes les matières du droit, si l'on

canonique sur voulait étudier dans son ampleur l'immense influence du droit canole droit civil, nique sur les institutions du Moyen Age et, pa-r là, de la société moderne. En effet, le droit canonique ne fut pas seulement le seul droit applicable devant les tribunaux ecclésiastiques ; il reçut aussi son application devant les tribunaux séculiers par suite de trois causes distinctes : i° il fut admis de bonne heure que le droit canonique s'exercerait sur toutes les institutions que l'Eglise avait prises sous sa protection particulière, et sur toutes les causes qui mettaient en jeu le salut des âmes ; 2° lorsque la vieille procédure féodale s'altéra, puis disparut, ce fut le droit canonique qui fournit aux cours séculières les règles principales qui la remplacèrent ; 3° l'autorité de l'Eglise, l'éclat pris dans les universités par l'enseignement du droit canonique et l'habitude qu'adoptèrent les magistrats séculiers de prendre leurs grades in utroque jure, contribuèrent également à faire passer de l'étude théorique à l'application pratique. Ajoutons que le soin qu'avaient eu les canonistes de tempérer le droit écrit par la coutume, et la justice par l'équité, donnait à leurs doctrines une souplesse d'adaptation qui leur permit, plus qu'à tous autres jurisconsultes, de répondre aux cas imprévus, aux modifications politiques, économiques et sociales que le mouvement du monde opérait alors. C'est ainsi que les facultés de droit canonique, en particulier la brillante faculté de l'université de Bologne, peuvent être considérées comme ayant été des agents civilisateurs, au premier chef, de la société du Moyen Age *.

D'économie agricole et locale, elle devint économie d'échange, industrielle et commerciale. Les monastères, déjà centres agricoles, devinrent souvent des banques prêtant à crédit. Voir : R. Génestal, Rôle des monastères comme établissements de crédit, Paris, 1901 ; E. de Moreau, S. J., V Abbaye de V Hier s-en-Brabant aux XII'' et XIII' siècles. Elude d'histoire religieuse et économique, un vol. in-80, Louvain, 1908. Sur le rôle de l'Eglise dans l'économie sociale du Moyen Age, voir Janssen, V Allemagne à la fin du Moyen Age, trad. franc, Paris, 1887, t. I, p. 360-407. Sur la dîme ecclésiastique au Moyen Age, voir Paul Viard, Hist. de la dîme ecclés. dans le roy. de France aux XI I*^ et Xllh siècles, un vol. in-80, Paris, 191 2,

I. Sur ce sujet, voir Paul Viollet, Hist. du droit civil français, un vol. in-8", 3» édition, Paris, 1906, passim ; Esmein, Hist. du droit français, Paris, 1892, P 747-756; Janssen, op. cit., passim; Brisskvd, Manuel dliist. du droit privé , Paris, 1908 ; LucHAiRE, Manuel des instit. françaises ; Mgr d'Hulst, le Droit chrétien et le droit moderne ^ un vol. in- 12, Paris, 1886,

L 0KGANISAT105 DE LA GIIRETlEr<TË

L'université

d'Oxford

et

Si la grande université italienne se glorifie à juste titre d'avoir été le théâtre du grand renouveau juridique du xm' siècle ; si celle de Paris s'enorgueillit d'avoir donné une chaire au plus grand des théologiens, saint Thomas d'Aquin, Oxford réclame l'honneur d'avoir formé le plus grand génie scientifique du Moyen Age, Roger Bacon^.

L'université d'Oxford, qui se rattachait par ses origines aux écoles ecclésiastiques fondées par Alcuin et Alfred le Grand, n'eut son organisation définitive et sa grande prospérité qu'au milieu du xui* siècle, le mouvement Plusieurs maîtres et élèves de l'université de Paris, à la suite des troubles qui agitèrent les écoles parisiennes à cette époque, s'étaient rendus en Angleterre, et y avaient apporté des méthodes d'enseignement et d'études que les maîtres d'Oxford se hâtèrent de mettre à profit 2. On prétend qu'à cette époque le nombre de ceux qui fréquentèrent la grande école de la Grande-Bretagne, y compris les serviteurs des maîtres et des élèves, s'élevait à trente mille ^.

Vers 1235, parmi les auditeurs les plus assidus qui se pressaient Roger Bacon autour des nombreuses chaires de l'Université d'Oxford, se trouvait ^ uo jeune homme, dont l'esprit vif, personnel, l'universelle curiosité dans l'étude, l'obstination au travail, les manières distinguées, la piété iianche et sincère, ne tardèrent pas à appeler l'attention de ses maîtres et de sescondisciples.il s'appelait Roger Bacon. Il était né, vers I2i4» d'une famille noble et puissante, qui, dans la suite, prit parti pour le roi d'Angleterre contre les barons révoltés. Le jeune seigneur, comme l'avait fait Abailard un siècle plus tôt, renonçait à la gloire des armes, pour se consacrer à l'étude. Il devait, quelques années plus tard, renoncer même à sa fortune person-nelle et à sa part d'héritage, pour embrasser la vie pauvre des fils de saint François. Mais il n'abdiqua jamais rien de sa puissante et originale personnalité. Sous la robe de bure du Frère mineur. Frère Roger Bacon restera une des personnificatioQS les plus caractéristiques du géaie

1. En 1914, IVuiiversité d'Oxford a célébré, par des fêtes solennelles et parl'éreclioa d'une statue, le septième centenaire de la naissance de Roger Bacon.

2. Denifle et Châtelain, Chartul. Univ. Paris., t. I, p. 169, 189.

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