‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 307 sur 336 · Weltbr etWelte, DicL., de ihéol. cath., au mot Oxford · texte numérisé non relu

Weltbr etWelte, DicL., de ihéol. cath., au mot Oxford

04$ BSTOIBE GÉ3£ftALE DE l'ÉGLISC

de rAn^Ielerre. c de son esprit religieux et pratique. <juî entend maintenir le passé en édifiant l'avenir * ».

Les esprits encyclopédiques, également curieux de théologie et de grammaire, d'histoire et de linguistique, de mathématique pure et de sciences naturdles, n'avaient pas manqué dans l'Eglise. Sylvestre II et Alherl le Grand en avaient été les plus célèbres repnésentants -. A Oxford, Roger Bacon rencontra plusieurs maîtres qui parent le conduire très avant dans toutes sortes d'études. I» nonssignale lui-même Maître Hugues, peut-être Hugues de Sdint- L'easeîsee- Cher, qui lui expliqua la théorie aristotélicienne de la démonstr»- MJiiaiitnof ^^^ 'y Jc*n de Londres, l'un des deux plus grands mathématiciens àOrfora. <Je cette époque : Adam de Marino, qui, par sa connaissance des langues étrangères. pou>-ait être rapproché, dit-il, dWristote et de Saiomon, et Robert de lincoln. surnommé Robert Grosse-Tête, de qui nous possédons encore aujourd'hui un curieux traité sur la propagation de la force, sur les lois de la réflexion et de la réfraction. Roger Bacon nous parie aussi d'un groupe de naturalistes anglais. 0]^K)sés aux naturalistes parisiens sur une question d'importance capitale, la génération des humeurs par les éléments, et celle des êtres inanimés, des végétaux, des animaux et des hommes par les humeurs. A Paris, où le studieux élève se rendit ensuite pour perfectionner ses éludes, il entendit Alexandre de Halès et Albert le Grand. U j connut aussi saint Thomas d'Aquin et saint Bonavenlure.

De bonne heure, Rcfer Bi::n pMÎ:!:?. !^ r-ésultat de ses obserrations et de ses réflexions. Ses premiers ouvrages ne nous sont point parvenus Ce qui nous reste constitue encore une œuvre immense. En philosophie, sans sortir de la méthode scolastique. il se montre indépendant. Son maître préféré paraît être saint Augustin. U connaît et veut qu'on étudie les langues étrangères : le grec, l'hébreu, le chaldéen, l'arabe. On le regarde comme un des fondateurs de la La Bciko^ie science du langage, de U philologie comparée. Mais c'est dans les ^ ^ ~T sdcBces naturelles qu'il excelle. D a posé les lois de la mélhode expé- Bc^er Bacoa. rimentale. £^>rit positif et scientifique, il reconnaît à la soence deux bases : i* l'ofascTTalion, une observation attentive et réitérée ; a* le raisoiiDeiiiCDt, mats le raisonnement précis et rigoureux des

I. F. PKA.m, Roger Bmm^ éam k Rame des Dtmi-Mamdn «ia icjorn igii. 9. Sfir b aoltare des iiîimm dns rEglbe «vast Boger Bacoo, voir J. Gcisacb, aaLfettUk,hàLwnk,t. U, p. i2-3e.

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

mathématiques, non point celui de la sophistique, ni celui qui prétend déduire la science d'un prétendu principe philosophique . Telles sont les règles qu'il donne dans son Opus majiis et dans son Opus ieriiumK Les résultats qu'il recueille personnellement de cette méthode sont merveilleux. « L'illustre docteur semble avoir pressenti six siècles à l'avance l'étonnante effloraison de la science moderne. Son opuscule De secrelis operihus artls et natiirœ est plein de ces visions d'avenir. Les bateaux à vapeur, les chemins de fer, les ballons, les leviers à roue, les scaphandres, le télescope, le microscope, les terribles effets de la poudre, y sont indiqués presque à la lettre 2. » Mais l'étude du monde matériel ne détourne pas Bacon de la contemplation des mystères de la religion. Il défend la vérité des dogmes de la religion chrétienne avec une piété tendre, une éloquence émue qui sort du cœur. Le style de ce savant est, d'ailleurs, partout, d'une netteté et d'une vivacité remarquables. Il a lui-même exprimé par une belle comparaison les rapports de l'art de bien dire a\cc l'art d'arriver au vrai : « La science sans l'éloquence est comme uii glaive aux mains d'un paralytique ; l'éloquence sans la science est comme un glaive aux mains d'un fou 3. »

Ses découvertes scientifiques.

Sa piété.

Ce grand homme avait rêvé de vulgariser toute science, d'enseigner en un an à un enfant docile ce qu'il avait appris en vingt ans, de transmettre de vive voix à un homme attentif, en un quart d'année, comme il disait, ce qu'il avait découvert de certain dans l'optique. Ce que valut Roger Bacon comme pédagogue, nous ne pouvons le savoir. Plusieurs résumés, rédigés sous forme de Sommes ou de Manuels, qu'il avait composés pour répandre les résultats de ses études, ne nous sont point parvenus. Mais ce que nous pouvons constater, c'est que la préoccupation du grand franciscain était celle de toute l'Eglise à sou époque.

11 ne nous est pas possible de décrire ici, dans le détail, le fonc- L'enseîgnctionnement de l'enseignement secondaire au Moyen Age. Ce travail

ment

secondaire

au xiiio siècle.

I. Opus majus, part. I, ch. x ; part. IV, dist. I, ch. ni, part. VI ; Opjs tertium, ch. XIII, xxix-xxxvii.

a. L. Jérôme, au mot«Caco/i, dans le Dict, de ihchl. de Vac\nt, t. II, col. 17. 3. Opus tertium, c. I, p. 4.

L'enseignement primaire.

La prédication

au

xiii« siècle.

a été fait dans les savantes études de V Histoire littéraire et dans de nombreuses monographies ^. Les canons qui ordonnaient à tout évêque d'ouvrir une école à côté de son palais épiscopal, et à tout abbé dans son monastère, restaient en vigueur. Le cas de saint Guillaume, réglementant les quarante écoles des quarante abbayes qui furent réformées par lui, nous est une preuve que ces prescriptions étaient observées. Il est certain, d'autre part, que ces écoles épiscopales et monastiques donnaient un enseignement correspondant à ce que nous appelons l'enseignement secondaire. Ce n'est pas à des enfants qu'on pouvait apprendre les sept arts du Quadrivium, arithmétique, musique, géométrie et astronomie, et, de plus, le droit, l'architecture, etc., qui figuraient au programme de plusieurs de ces écoles.

Les petites écoles ou écoles primaires étaient également très répandues. On conçoit que l'histoire de ces écoles de villages ou de quartiers, ne nous ait pas été transmise avec autant de précision que celle des universités. Mais les statuts synodaux, les procès- verbaux des visites épiscopales en constatent la présence ^. A Paris, en 1292, il y avait douze écoles pour une population de 4o.ooo habitants 2. Dans beaucoup de villes, à Brest, Autun, Chalon-sur-Saône, Dijon, et dans d'autre villes, les maîtres primaires étaient organisés en corporation, preuve non seulement qu'ils existaient, mais qu'ils étaient nombreux*. « Ce n'est pas seulement au xix* siècle, écrit Léopold Delisle, qu'on a fondé des écoles dans les campagnes. L'idée de cette institution remonte au Moyen Age. Nous en avons, au moins pour notre province, des preuves incontestables ^. »

Ces écoles étant placées sous le contrôle du clergé, l'enseignement religieux y avait certainement une large place ; mais ce dernier enseignement était surtout donné au peuple par les prêtres euxmêmes, au moyen de la prédication.

Rien de plus pittoresque qu'une prédication au temps de saint Louis. D'abord on prêche un peu partout, dans les chapelles, dans

I. M. J. GuiRA.UD, dans son ouvrage Hist. partiale, hist. vraie, t. I, p. 335-3^9, dresse la liste des écoles d'enseignement secondaire dont les documents nous ont conservé l'histoire au xi^ et au xii* siècle.

Q. Olga DoBiAGHE-RoDJESTVEMsxT, la Vie paroissiale en France an XIII* siècle d'après les actes épiscopaux.

3. Vallet de Viriville, Hist, de V instruction publique, p. 20a.

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