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Labbe, ConciL, t. VIII, col. 83i

5. Pendant le même temps, Durand de Mende résumait toute la science liturgique et Jacques de Voragine recueillait les plu» belles légendes des saints.

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

science, l£ miroir de la morale et le miroir de l'histoire. Ce furent ces quatre miroirs qi.'i servirent de règle à tout le symbolisme des cathédrales. Les constructeurs de ces grands édifices religieux durent s'y conformer exactement. L'Eglise n'abandonna à leur fantaisie que les parties dépure décoration. Le reste ne fut que la reproduction, par l'architecture, la peinture ou la verrière, de l'œuvre encyclopédique de Vincent de Beau vais. La cathédrale fut ainsi pour le peuple comme une Bible de pierre, où il vint admirer les merveilles de la nature et de la science, étudier ses devoirs, parcourir l'histoire de l'humanité depuis la création, ayant pour centre l'Incarnation du Fils de Dieu et sa mort sur la croix pour le salut des hommes. Dans telle cathédrale cependant, sans abandonner le dessein de donner un enseignement encyclopédique, l'artiste a développé plus particulièrement un chapitre des miroirs de Vincent de Beauvais. Dans la cathédrale d'Amiens, l'enseignement est plus proprement messianique et prophétique. A Notre-Dame de Paris, la mariologie triomphe. A Lyon, c'est la science et l'érudition. Sous les voûtes de la cathédrale de Sens et sur le portail de celle de Lyon, on admire les merveilles de la création. Bourges célèbre les vertus des saints de l'Eglise universelle, et Reims, basilique nationale, reproduit sur ses vitraux les portraits de tous les rois de France. En Espagne, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, les cathédrales de Burgos, de Tolède, de Sienne, d'Orvieto, de Westminster, de Salisbury, de Bamberg, de Fribourg, donnent des enseignements semblables. Dans le moindre village, une église s'élève, à la flèche élancée.

Symbolisme

des principale»

cathédrales.

Qui semble un doigt levé pour lui montrer les cieux.

L'art roman a fait place à l'art gothique. Ce n'est pas ici le lieu Le

de caractériser, d'une manière technique, les deux arts. Le style gothique gothique a trois éléments principaux : la voûte d'ogives, l'arc-boutant et une ornementation spéciale. Les archéologues ont définitive- Ses élémen» ment éliminé des caractéristiques du gothique, l'arc brisé, qui se rencontrait déjà dans l'art roman de Bourgogne, de Provence et de Périgord. Le style gothique, qui sort, en quelque sorte, du style roman, puisqu'il a apporté la solution des recherches qui préoccupaient les maîtres d'œuvres romans, « a permis d'élever des édifices légers, clairs, spacieux et solides, quoique voûtés ; il a porté jusqu'au plus haut point le principe d'équilibre, par l'opposition des

essentiels.

Son origine.

Son caractèrt.

forces, la prédominance des vides sur les pleins* » ; et, par là même, Son influence l'église gothique a exercé sur les peuples, exerce encore sur le visiteur qui l'aborde, plus encore sur ïe fidèle qui y prie, une influence d'élévation et de purification. On l'a dit avec vérité : « Il est impossible d'entrer dans la grande nef d'Amiens sans se sentir purifié. L'église, par sa seule beauté, agit, en quelque sorte, comme un sacrement -. ))

Gomment Pour rendre plus pénétrante et plus efficace la voix de la « Bible

tous les arts ,. , f,., •!• t-^i«i

se rencontrent û^ pierre », tous les arts ont ete mis a contribution. Par les riches

dans l'église sculptures des portails, par les splendides verrières des églises du du xme siècle. ^01^^, par les fresques ravissantes des basiliques italiennes 3, par la voix tour à tour joyeuse et mélancolique des cloches, par les accords majestueux et doux de l'orgue, par les accents d'un peuple entier chantant à l'unisson les hymnes traditionnelles, par une inspiration poétique qui donne alors au monde ces purs chefs-d'œuvre : le Salve Regina, l'office du Saint-Sacrement de saint Thomas d'Aquin, les deux Stabai Mater de Jacopone de Todi* et le Dies irae de Thomas de Celano, la sculpture, la peinture, la musique, lapoésie, apportent leur concours à l'architecture, et font de l'Eglise chrétienne le sanc- L'église tuaire de la religion et le temple de l'art. Aussi toutes les classes de la

est l'œuvre société ont-elles travaillé à bâtir l'église, a L'artiste a donné son de tous. génie ; le baron, sa terre ; le bourgeois, son argent ; l'homme du peuple a offert ce qu'il avait : ses bras robustes ; il s'est attelé aux chars ; il a porté les pierres sur ses épaules. Pendant plus de deux siècles, toutes les forces vives ont collaboré^. De là, la vie puissante qui rayonne de ces œuvres éternelles. Les morts mêmes s'associent

Eile exprime aux vivants. La cathédrale est pavée de pierres tombales. Les géné-

la pensée . . , .... , i n r ^ i

la i)lns rations anciennes, les mains jointes sur leurs dalles lunebres, con-

profoude du tinuent à prier dans la vieille église. En elle, le passé et le présent Moyen Age.

1. C. Enlart, Manuel d'archéologie française, archit. religieuse, I, 43^, 435, Cf. J.-A Brutails, V Archéologie du Moyen Age et ses méthodes, un vol. in-8(', Paris,

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