‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 310 sur 336 · VoirPACHEu, Jacopone de Todi, un vol. in-ia, Paris · texte numérisé non relu

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5. Sur les conditions dans lesquelles se sont bâties les églises du Moyen Age, voir le très curieux et très savant ouvrage de M. Victor Mortet, Recueil de textes relatijs à Vhistoire de l'architecture et à la condition des architectes en France au Moyen Age, un vol. in-80. Paris, 1911.

l'organisation de la chrétienté 557

s'unissent en un même sentiment d'amour. Elle est la conscience de la cité *. »

Le peuple du xiii® siècle aime son église par-dessus tout. « Elie est la maison bénie où se dilate son âme, opprimée par la dureté de la vie. Les pompes, les cérémonies de l'église sont sa joie. Il ne se trouve jamais assez longtemps retenu par le service de Dieu ^. » La messe ne lui suffit pas. Par sa forme, par ses chants alternés, par le Le drame dialogue de l'officiant et des clercs, ou des fidèles, la messe est un Moyen Age, drame. Le peuple veut le prolonger et le développer. De ce désir est né le théâtre chrétien du Moyen Age. Les Mystères n'ont été d'abord que la variation de l'office du jour. A Noël, on chante : Quem quaeritis, pas tores ? — Salvatorem Chris tam (Que cherchez-vous, bergers ? — Notre Sauveur le Christ). A Pâques :

Die nobis, Maria,

Quid vidisti in via ?

— Sepulchrum Chrisli viventis.

Et gloriam vidi resurgentis.

(Dis-nous, Marie, qu*as-tu vu sur le chemin ? — J'ai vu le sépulcre du Dieu vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité.)

Peu à peu, ce dialogue s'amplifie, se dramatise. Ainsi se forment : Ses origines le drame des Prophètes du Christ, qui se joue le jour de Noël dans évolution, les églises, le drame des Vierges folles, celui des Trois Maries, celui de lai Représentation (TAdam, le plus remarquable par sa valeur littéraire ^.

Les chansons de gestes françaises, les poèmes des Minnesingers Les chansons allemands, émanent moins directement de l'Eglise. Les chants de ^

guerre y respirent souvent trop de férocité, et les chants joyeux trop de voluptueuse mollesse. Mais Tesprit chrétien y règne. Une maxime y domine, c'est qu'on ne peut être un héros parfait, si on ne protège les faibles, si on ne se fait pas le défenseur de l'Eglise. « Fais des pauvres gens tes cousins », dit le Roman de Carité ; et le ^\us Qr3Lnd des Minnesingers allemands, Walterde Vogehveide, dont le patriotisme est si férocement jaloux, chante les douleurs et les miséricordes de la Vierge Marie avec une tendresse sans égale *.

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