Histoire littéraire^ t. XIX, p. io
2. Le Livre des métiers a été édité dans les Documents inédits de l'histoire de France, avec une préface de Depping.
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ef, le plus souvenl, ancien valet, il travaille enfin à son compte, soit qu'il ait succédé à son père, soit qu'il ait réuni les ressources nécessaires pour avoir une boutique à lui. I] a dû. pour cela, payer certaines redevances à la confrérie du métier, parfois au roi, enfin au maître du métier, s'il y en a un dans sa corporation. Il embauche alors généralement un ou deux valets, prend un apprenti, et exerce les droits attachés à la maîtrise. Il assiste aux assemblées, où il a VOIX déhbérative ; il concourt à l'élection des magistrats, jurés ou prud hommes, qui dirigent la corporation, et est appelé lui-même par la suite à remplir ces fonctions.
« Toute organisation collective suppose une autorité supérieure chargée de connaître des différends et d'assurer le respect des règle'- Le coDsen ments. Cette autorité est confiée, dans la corporation, à des prud'- vt"' hommes jurés, pris parmi les maîtres, et en général désignés par l'é- " """"' Icction, sous la condition de la ratification de cette élection par le prevot de Pans. Ces magistrats ont des fonctions multiples ; tantôt financières, tantôt de police... Ils sont les protecteurs-nés des apprentis. Enfin ils exercent une sorte de magistrature officieuse dans tous les cas mtéressant la sécurité de leurs subordonnés ou les intérêts généraux du métier. Leurs fonctions sont temporaires, et ils doivent rendre leurs comptes à l'assemblée des maîtres K »
Le principe de la vie familiale est la base de tout atelier • il de- Principe, vient aussi la source de nombreux avantages pour l'apprenti et le va- Po JnLiion let. « Mêmes repas avec le maître, dans lesquels les âmes s'ouvrent J" Tavail : sans peine les unes aux autres et se fortifient dans cette affection réciproque. Pas d'antagonisme. Pas de chambres en ville. Pas d'oc- "• "> vi« casion de courir les mauvaix lieux. L'hôtel du patron est le sanctuaire ''"""'"'' = qu. garde les membres de l'atelier des dangers, des chutes presque inévitables auxquelles sont fatalement voués les ouvriers d'aujourd hui \ ,, L'apprenti et le valet n'ont pas seulement dans la maison du niaitrela nourriture et lelogement, mais encore le feu, la lumière et le blanchissage. Ce dernier doit remplir à leur égard les devoirs d un père. Sous peine d'amende, il doit surveiller leurs mœurs comme leur travail, ne pas permettre, par exemple, qu'ils rentrent icsoir, après une heure déterminée ^.
A l'occasion de cette vie en famille avec le maître, l'ouvrier trouve