‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 34 sur 336 · I. Olleris, Œuvres de Gerbert^ lettre 216, p. 1A · texte numérisé non relu

I. Olleris, Œuvres de Gerbert^ lettre 216, p. 1A

LE PROTECTORAT IMPERIAL

Caractère d'Adalbéron.

conciliait la crainte révérentielle du peuple chrélien, par sa plume mordante, exercée au pamphlet, par une audace incroyable qui le portait à tout braver. Dans un poème satirique, où il se représentait dialoguant avec le roi Robert le Pieux, Adalbéron, indigne évêque de Laon, n'avait pas craint d'essayer de jeter le discrédit sur l'institution monastique, et en particulier sur le saint abbé de Cluny, l'illustre Odilon. Pressentant que la vraie réforme viendrait du célèbre monastère, il se faisait l'organe de tous ceux que pouvait menacer le rétablissement des mœurs. Habilement, il tentait d'opposer à ce qu'il appelait « la horde des moines, rustres, grossiers, paresseux, difformes et abreuvés de honte », Tépiscopat, gardien des vieilles traditions^. Ancien élève de Gerbert, qui l'avait initié à l'art d'écrire, c'est ainsi que l'étrange prélat utilisait des talents jadis cultivés par son savant maître. Dans l'événement politique qui avait amené la dynastie capétienne au pouvoir, Adalbéron de Laon n'avait pas joué un rôle moins odieux. Protégé des Carolingiens, ami de Charles de Lorraine, il avait indignement trahi ce dernier en un complot dont Ses intrigues, le moine Ri cher nous a conservé le vivant récit : « Une nuit, pendant que tout le monde dormait au palais habité par le duc de Lorraine, Ascelin enleva du chevet de Charles et d'Arnoul leurs épées et les (jeLo cacha, puis, appelant l'huissier, qui ignorait son stratagème, il lui ordonna de courir vite chercher quelqu'un des siens, promettant de garder la porte pendant ce temps. L huissier sortit. Ascelin se plaça lui-même sur le milieu de la porte, tenant son épée sous son vêtement. Bientôt aidé des complices de ses crimes, il fit entrer tout son monde. Charles et Arnoul reposaient, alourdis par le sommeil du malin. Lorsqu'en se réveillant, ils aperçoivent leurs ennemis réunis en troupe autour d'eux, ils sortent du lit et cherchent à se saisir de leurs armes, qu'ils ne trouvent pas. Ascelin leur dit : « Vous m'avez forcé de m'exller de cette ville, nous vous chassons à votre tour, mais d'une autre manière : je suis resté mon maître, et vous, vous passerez au pouvoir d'autrui. » Charles se jette avec fureur sur le traître. Mais des hommes armés l'entourent, le poussent sur son ht, et l'y retiennent. Ils se saisissent aussi d'Arnoul, qui avait assisté à cette scène dans une stupeur silencieuse. On traîne ensuite les deux prisonniers dans une tour, qu'on ferme à clé et dont on fait garder les portes. Cependant les cris des femmes, les clameurs des

ses forfaits.

Il trahît

Charles rraine.

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