P. L., t. GXLT, col
Il intrigue
pour livrer
la France
à l'empereur
d'Allemagne.
Il trahit
le roi
de France.
Sylvestre
le cite
à Rome
pour
y être jugé.
L'affaire
d'Arnoul
et de
rarchevêché
de Reims.
enfants et des serviteurs, réveillent et troublent les bourgeois deLaon. Les partisans de Charles se hâtent de prendre la fuite. A peine en eurent-ils le temps, car Ascelin avait donné ordre de fermer toutes les portes. Un fils de Charles, âgé de deux ans et portant le même nom que son père, fut soustrait aux recherches et échappa à la captivité 1. »
En 996, trois ans après la mort de Charles de Lorraine, son fils Louis servit encore de prétexte à une intrigue ourdie par l'évêque de Laon et le comte de Blois pour livrer la France à Otton III ^. Le peuple n'appelait plus Adalbéron que le « vieux traître » , veiulas Iradiior. Le triomphe de la dynastie pour laquelle il avait conspiré et l'avènement de son ancien maître au souverain pontificat ne mirent pas un terme à ses pratiques criminelles. Sylvestre II gouvernait l'Eglise depuis un an à peine ^ quand on lui dénonça Asceliu pour une nouvelle trahison. Recevant les soldats du roi, à qui il devait livrer les tours de sa métropole, il les avait arrêtés et chargés de fers. Sylvestre ne trembla pas plus devant ce monstre de perfidie qu'il n'avait tremblé devant les seigneurs du Yelay. Il lui écrivit une lettre commençant ainsi : a Sylvestre, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à Ascelin de Laon. Ne vous étonnez pas si vous ne trouvez en tête de notre lettre ni salut ni bénédiction apostolique. Sous le nom d'évêque, vous avez, à force de crimes, cessé d'être un homme. Si la fidélité élève un homme jusqu'à Dieu, la perfidie le ravale au niveau des brutes. » Le souverain pontife sommait ensuite le traître de comparaître à Rome, dans la semaine sainte, pour expliquer sa conduite. Il lui déclarait que ni la longueur ni les dangers de la route ne pourraient excuser son absence. S'il était malade, il devait le faire constater par des témoins dignes de foi. S'il ne se justifiait pas des accusations qui lui étaient intentées, il faudrait qu'il se soumît à la décision des juges *. L'histoire ne dit pas comment se termina cette affaire. Il est probable que le « vieux traître 0 se soumit, qu'il fit semblant du moins, car on le retrouve sur le siège épiscopal de Laon jusque vers Tan io3o, époque de sa mort.
La question d'Arnoul et de l'archevêché de Reims était autrement délicate. Sylvestre II allait-il rompre avec son passé, blâmer le con-