I. OnEnis, op. Cit., letlre 2a5, p. i^S
2. 11 se conlenlait d'invoquer, dans sa lettre, «certains excès». Quibusdam exceS' sibus^ disait- il.
HISTOIRE GîNÉKAlE DE L ÉGLISE
La Restauralîo imperîi romani.
Conception
d'un
Saint-Empire
dévoué
à la cause
de la religion
et des pauvres.
Cérémonial
de la
nouvelle cour
impériale.
Mais ce n'était eccore là, pour ainsi dire, que l'œuvre négative du pontificat de Sylvestre II. Les liens d amitié qui l'unissaient à l'empereur Otton lui firent espérer qu'il pourrait, de concert avec lui, entreprendre, dans un esprit catholique, une restauration de l'Empire romain — restauratio imperii romani^ comme disent les médailles de l'époque, — qui permettrait au pape et à l'empereur, résidant l'un et l'autre dans la ville de Rome, de s'entendre pour donner à la Ville éternelle une nouvelle splendeur et pour répandre au loin la loi chrétienne.
D'après l'acte passé entre les deux contractants, l'empereur, maître du monde, devait gouverner dans l'intérêt commun, se préoccuper du sort des faibles, constituer à ses côtés un ministère des pauvres et des délaissés. « La rénovation de l'Empire se liait, dans l'esprit de Sylvestre et d'Otton, à l'idée de protéger les frontières contre les invasions des barbares du nord et de l'est de l'Euro pe par la création de royaumes alliés qui recevraient la civilisatio n avec la doctrine de l'Evangile K » D'autre part, un document dont il nous reste deux fragments, publiés, l'un par Mabillon, l'autre par Pertz^, nous décrit le cérémonial qui devait régler l'étiquette à la cour du nouveau César chrétien. « Ce qui donne un puissant intérêt à ce document, c'est moins la reproduction des vieilles cérémonies empruntées au code théodosien, que le dessein de faire vivre l'empereur et le pape dans la ville de Rome, de continuer l'alliance des deux pouvoirs suprêmes pour la pacification du monde. Rien ne manquait à la pompe de la nouvelle cour. Le César était entouré dans son palais, sur le mont Aventin, du protospathaire, de î'hyparque, du protovestiaire, du comte du sacré palais. Il y avait un logothète, unarchilogothètG, un maître des milices impériales, un préfet de la flotte. A la réception d'un juge, l'empereur lui faisait jurer d'être incorruptible. Il le revêtait d'un manteau de pourpre, et, lui remettant un exemplaire des lois de Justinien, il lui disait : « Juge Rome, la cité léonine et le monde entier. »