Olleris, p. CLXiviii
4. S. Pierre Damien, Vila S. Mauri, P. L., t. CXLIV, col. gSo.
Agitations en dehors
des Etats de l'Eglise
(lOOl).
Insurrection de la cité .
de Tivoli
(lOOl).
Olton III est assiégé
dans son palais du
Mont-Aventin.
Sylvestre
et Otton
quittent Rome
fiooi).
femme contre son jnge aigrirent les mécontents. On prétendit qu'elle insultait le comte. Les épées furent dégainées dans le lieu saint ^.
En dehors des Etats de l'Eglise, des troubles plus graves se produisirent à l'instigation de quelques grands seigneurs. Nous connaissons les ambitions héréditaires qui se transmettaient dans la famille de Tusculum. « Diverses branches de la famille de Théophylacte s'étaient taillé de larges domaines, dont Tusculum, sur la montagne albaine, Préneste, Arci en Sabine, Galera sur la route de Toscane, étaient les centres et les forteresses principales 2. » Ce ne fut pas cependai:t de ce côté que vinrent, pour le moment, les plus graves difîicultés. La ville de Tivoli, grâce à la conservation de vieilles institutions municipales qui remontaient à l'antique Tibur, grâce surtout à l'activité de son évêque Grégoire, était alors la plus prospère et la plus fière des cités. En 1 001, on ne sait au juste pour quel motif, les gens de Tivoli se révoltèrent contre l'empereur. Celui-ci prit les armes pour les châtier. Les Romains prirent part à l'expédition. Le conflit pouvait être terrible. Dans un esprit de paix, le pape décida l'empereur à pardonner à la cité rebelle. Otton se contenta de détruire une partie des murs de la ville et d'exiger des otages pour garantir la fidélité des habitants ^. Mais les Romains, irrités de la douceur avec laquelle on venait de traiter leurs redoutables rivaux, se révoltèrent à leur tour. I es portes de la ville furent fermées ; les rues se couvrirent de barricades. La cour fut assiégée dans le palais du mont Aventin. Il fallut l'approche d'une armée, commandée par Henri de Ravière, pour calmer les esprits. Otton pardonna aux rebelles. Mais il leur adressa ces paroles, empreintes d'une amère tristesse : « N'êtes-vous pas mes Romains ? Par amour pour vous, j'ai renoncé aux Saxons, à tous mes Allemands, à mon sang ! Je vous ai adoptés pour mes enfants. La préférence que je vous ai donnée a excité contre moi la haine de tous mes sujets, et voilà que vous avez repoussé votre père* 1 »
Après avoir prononcé ce discours, Otton s'éloigna de Rome, emmenant avec lui le pape Sylvestre. Ils se dirigèrent vers le nord, donnant, confirmant l'un et l'autre des privilèges aux églises, aux monastères, afin de se rendre le ciel favorable ^. L'année précédente.
I, OlLERIS, p. CLXXIX.
^. Dlchesne, les Premiers temps de VÉlatpontiJical, p. 366.
3. THANGMàR, Vita S. Bernwardi, col. 26, P. L., t. GXL, col. 4i3/