RlCHER, t. IIJ
3. La lettre de Gerbert à Constantin (Olleris, p. 479) est caractéristique sur C9 point.
Sylvestre II et les lettres.
Sylvestre II et la musique.
Sylvestre II et la poésie.
Sylvestre II et la morale.
mal dont ils souffrent ; même il ne renonçait pas à chercher des remèdes qui pussent les guérir *. »
Ce savant aimait le beau : Tart oratoire, la musique, la poésie. Avec Gicéron,il voulait que l'orateur se formât par l'étude des dialecticiens et des poètes, qu'il raisonnât et qu'il saisît, qu'il argumentât et qu'il fît voir. Avec saint Augustin, il entendait que Ton fût plus occupé de convaincre, de toucher et de faire agir que de montrer l'art dont on a fait l'étude. Lui-même, dans ses discours et dans ses lettres, citait les Paralipomènes après Horace, les Psaumes après V Enéide j saint Paul après Lucain.
Sur les connaissances musicales de Sylvestre II, nous avons peu de documents. On lui attribue un cantique en l'honneur du Saint-Esprit, une prose en l'honneur des anges ^. Il s'offrait à fournir des renseignements sur tout ce qui concerne la musique en général et le maniement des orgues en particulier. II distinguait les symphonies en tons, demi-tons, ditons (tierce majeure) et dièses (demi-ditons) Il classifiait les sons dans les différents tons. Nous savons que Jean XIII et Otton le Grand furent frappés de ses connaissances musicales. Mais a-t-il innové en musique ? S'est-il contenté de recueillir ce qu'on savait de son temps ? Nous sommes réduits, sur cette question, à des conjectures.
<( Du poète, il y a peu de choses à citer. Seuls, les vers qui précèdent le Li6e//u5 de rationali, peut-être aussi ceux qu'il a composés sur Boèce, méritent d'être rappelés. Mais le prosateur est, comme Scot Erigène, un humaniste remarquable, dont les lettres et les discours fourniraient des pages curieuses à une anthologie des écrivains latins au Moyen Age. Il sait être édoquent et pathétique ; mais ce qui domine en lui, c'est l'énergie, la précision, parfois même une concision et une sobriété voisines de l'atticisme ^. »
Passionné pour la science et pour l'art, mais convaincu que le vrai et le beau n'ont toute leur splendeur que dans le bien, Gerbert subordonna toujours la science et l'art à la vertu, et chercha la vertu dans l'union à Dieu et à l'Eglise.
En Sylvestre II, le caractère fut au moins au niveau de l'intelligence ; le chrétien, le pontife, valurent le savant. « Dans un temps où des plaintes amères et trop fondées retentissaient contre les mœurs