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LE PROTECTORAT IMPERIAL 'j3
du clergé, ses ennemis les plus acharnés ne lui reprochèrent pas une faiblesse dans sa vie ^. » « Ses mœurs furent irréprochables. Il parle de l'austéiité en termes d'autant plus expressifs qu'ils sont en parfait accord avec tous ses actes. Abbé, il veut que ses moines, comme ses vassaux ou ses puissants fermiers, suivent fidèlement Tordre et la Son zèle pour
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règle; mais il s indigne de les voir manquer de nourriture et de des mœur». vêlements; il n'use pas contre eux de tous ses droits. Archevêque, il penche généralement vers l'indulgence quand il s'agit des humbles et des pauvres. Pape, il proclame qu'un des attributs de la chaire pontificale, c'est de relever ceux qui sont tombés ^. »
Pour Sylvestre II, la justice ne consiste pas seulement dans le Son rèîe pour respect des droits individuels, dans les rapports avec les personnes ^ndividue.:© que les circonstances mettent en notre présence. Il poursuit la et soc.a.c. réalisation de la justice dans l'organisation d'un état social qui faciliterait et garantirait le respect de tous les droits. Cette organisation sociale, il croit la trouver dans la société féodale, telle qu'il l'a observée au pays des Francs. Le contrat féodal, par lequel le vassal engage sa foi au suzerain, tandis que celui-ci s'oblige à le maintenir dans son bénéfice et à le protéger, apparaît à Gerbert ccmme l'idéal de la justice sociale dans la société où il se trouve. G est pourquoi il cherche à introduire en Italie le système féodal des Francs. Mais cette importation des mœurs franques ne peut faire violence aux mœurs locales, et le système de concession de terre par baux emphytéotiques, ou de culture au moyen de colons fixés au sol, continue à être en vigueur en Italie ^.
Le système féodal avait les préférences de Sylvestre II, parce qu'il S)Ivesire II y voyait une protection plus efficace des droits des humbles, une ^ f^odaU garantie plus sûre de l'accomplissement des devoirs des grands ; il l'aimait surtout parce qu'il le concevait comme une vaste hiérarchie ayant à sa tête le Christ et à chacun de ses degrés le pouvoir régulateur et bienfaisant de l'Eglise pour faire réaliser le règne du Christ. A ce point de vue encore. Sylvestre II doit être considéré comme un précurseur de la société du Moyen Age qui mit sur ses monnaies le fameux exergue : Ckrislus vincil, Chrislus régnât, Chrislus imperat.