A. GàSTOvi, VArt grégorien, p
lE PROTECTORAT IMPERIAL
répons. Les Chroniques de Saint Dtnys laconlent comment il fit hommage d'un de ces répons. Ccr^.cLus ce^nxrioy au pape Sylvestre II : « Un jour estait à Rome. le jour de la feste de saint Pierre; et présent estait aussi le seigneur apostolique el les cardinaux ; et le roi s'en alla vers l'autel, et fit semblant comme s'il faisoit offrande de grand'chose ; et ce fut un rouleau, où le répons était écrit et noté *. »
A la même époque, des théoriciens, non contents d'enseigner leur art à leurs élèves, voulurent aussi consigner par écrit ce qui faisait l'objet de leurs leçons. Leurs ouvrages, dont beaucoup sont inédits, renferment un grand nombre de détails intéressants sur la tonalité et le rythme. On y distingue facilement trois courants : celui de la musiquegréco-romaine, qui, faisant partie du quadrivium, avait pénétré dans les écoles avec l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie ; puis le courant de la musique liturgique, dérivant de l'ancienne musique, mais à peu près comme la langue romane dérivait du latin ; enfin le courant de la musique polyphonique et mesurée, née de la cantilène populaire, et qui, pénétrant dans les écoles de chant, en devait peu à peu chasser la musique plane et non mesurée, au grand détriment du rythme grégorien 2.
Les langues populaires, en effet, avaient, en se formant, donné naissance à un art musical fondé sur leurs propres caractères. La poésie rimée des cantilènes, remplaçant le mètre par le rythme, se préoccupant moins de dessiner le mouvement du vers que d'en caractériser fortement la fin, eut sa répercussion sur l'art populaire religieux. Le jongleur les chantait devant le porche des églises, à l'issue des offices ; et leur rythme, se mêlant, dans l'oreille des fidèles et des clercs, à l'écho des séquences et des proses qu'ils venaient d'exécuter à l'intérieur du temple, opérait, entre le chant liturgique et le chant profane, cette fusion dont lexi® et le xii* siècle allaient voir les effets.
L'apparition de la cantilène, d'ailleurs, ne fut pas le seul résultat du développeiTient des langues romanes ; la fin du x** siècle vit naître le roman et l'épopée. « Dès la fin du x^ siècle, dit Dom Rivet, presque toutes les provinces de France eurent leurs trouvères et leurs romanciers. Le Languedoc, le Dauphiné et l'Aquitaine se
Les
compositions
musicales du roi Robert.
Les
théoriciens de la musique
religieuse au xe siècle.
La cantilèns
populaire
et le chant
liturgique.