Baronius, Annales, ann. 1009, I, II
HISTOIRE GEjSERALE DE L EGLISE
Serge IV,
pape
(juillet 1009-
la mai ioi3).
Destruction du Saint- Sépulcre (a3 septembre 1009).
lyques de l'Eglise de GoDstanliDople. MaisDOus ignorons totalement dans quelles conditions fut conclue cette union. Jean XVIll ne mourut pas sur le trône pontifical. « Après cinq ans et demi de règne, dit un vieux catalogue romain, il se retira dans le monastère de Saint-Paul-hors-les-Murs, et y finit ses jours sous l'habit religieux *. » L'épitaphe de Jean XVITl le qualifie de pieux et de savant.
Le successeur de Jean XVIII, qui fut élu au mois de juillet 1009, sous le nom de Serge IV, s'appelait auparavant Buccaporci. Les mérites de sa vie privée et publique ^ l'avaient élevé au rang d'évêque d'Albano. Son épitaphe, qu'on peut lire encore aujourd'hui dans la basilique de Saint- Pierre de Rome, encastrée dans l'un des piliers de la nef latérale de droite, non loin de celle de Sylvestre II, rappelle qu'il fut « le pain du pauvre, le vêteméht des nus, le docteur du peuple, le pasteur vénéré de tous ^ »,
Son avènement coïncida avec un désastre qui eut un grand retentissement dans la chrétienté et dont le souvenir ne contribua pas peu à déterminer plus tard le mouvement des croisades : la destruction du Saint-Sépulcre.
« Il ne sembL pas que la révolution qui avait placé la Palestine sous la domination des califes fatimites d'Egypte, en 969, ait modifié d'aboid la situation des chrétiens ou compromis la sécurité des pèlerinages. Au début du xi® siècle, les relations entre les Occidentaux et l'Orient étaient en pleine activité, lorsqu'un événement inattendu vint mettre fin au régime pacifique établi depuis Charlemagne. Un fou couronné, le calife Hakem, célèbre par la cruelle extravagance de ses édits, ordonna brusquement au gouverneur de Syrie, le Turc Yarouk, de démolir le Saint Sépulcre, de faire disparaître de Jérusalem tous les emblèmes chrétiens et d'anéantir toutes les reliques. Youssouf, fils de Yarouk, partit pour la Ville sainte, s'empara de toutes les offrandes accumulées dans la basilique du Saint- Sépulcre, renversa le monument de fond en comble, sans pouvoir cependant parvenir à en arracher les substructions. Sa fureur n'épargna même pas le Golgotha. Le monastère de religieuses londé près du Saint-Sépulcre et l'église Sainte-Marie Latine eurent le même sort. La population fut invitée au pillage. Les moines furent chassés, et tous les bâtiments monastiques détruits. En même temps.