I. Lib. pontif., t. I, p
a. Fuit sanctss vitx et conversationis. {Lib. pontif., t. I, p. 267.)
3. Voir le texte de lepitaphe dans le Lib. pontif., t. I, p. 267.
LE PROTECTORAT IMPERIAL Sq
ime violente persécution, qui dura plusieurs années, atteignait tous les chrétiens soumis au calife fatimile. Les pèlerins occidentaux ne Persécution furent pas épargnés. L'évêque de Verceil, Pierre, fut arrêté en Egypte j^ Palestine et jeté en prison. Il ne dut son salut qu'à l'intervention d'un moine et des italien, saint Bononius, établi depuis plusieurs années en Orient, occidentaux, qui réussit, on ne sait par quel moyen, à obtenir la délivrance de son compatriote. Puis brusquement les dispositions d'Hakem changèrent. Soit par un nouveau caprice, soit pour des raisons politiques, telles que le désir de rétablir les relations rompues avec lempire byzantin, il cessa de persécuter les chrétiens et accueillit même leurs demandes avec bienveillance. La situation des chrétiens de Terre Sainte redevint donc tolérable, mais la persécution d'Hakem n'en Première porta pas moins un coup funeste à l'influence des Latins en Orient. de ces Le protectorat franc établi par Charlemagne était détruit, et une événements : autre puissance, celle des empereurs de Constantinople, allait en j^ protectorat recueillir momentanément l'héritage ^. » franc
Cette persécution eut deux autres conséquences : elle ranima la dévotion des chrétiens au Saint-Sépulcre, vers lequel les pèlerinages Deuxième se multiplièrent, et elle fut l'occasion d'un soulèvement populaire ^^^'^réveu"^
contre les juifs, qu'on soupçonna d'avoir provoqué les mesures per- de la dévotion ' 1 • j'tT 1 aux Lieux
secutrices d Hakem. saints
« Dès que la nouvelle se fut répandue, écrit le chroniqueur Raoul Glaber, que la mère d'Hakem, Marie, chrétienne fervente, avait obtenu de son fils Tordre de rebâtir l'église du Saint- Sépulcre, des transports d'allégresse éclatèrent dans tout l'Occident. De toutes parts, des multitudes incroyables de pèlerins se mirent en route pour Jérusalem, emportant des offrandes pour aider à la reconstruction de la maison de Dieu ^. » L'impulsion une fois donnée, « ce fut, dit « le même chroniqueur, un mouvement général, tel qu'on ne l'aurait « pas cru possible. » Les masses populaires avaient pris l'initiative ; les personnes d'une condition plus élevée suivirent ; puis les rois eux-mêmes, les comtes, les évêques, s'ébranlèrent à leur tour. La foi des pèlerins était si vive que plusieurs d'entre eux demandaient au Seigneur la grâce de mourir près du Saint-Sépulcre, faisant ainsi le sacrifice de leur vie au Dieu qui avait voulu donner son sang pour la rédemption du monde. 11 en fut ainsi pour un pèlerin de Burgon-
I. Louis BnÉHiER, V Eglise et VOrient au Moyen Age, un vol. in-ia, 3<' édition, Paris, 1907, p. 35-87. ^f- ScHLUMBERGER, l'Epopée byzantine, t. II, p. ^!^2-l^l^^. a. Raoul Glaber, Hist., 1. III, ch. vn, P. L., t. GXLÏI, col. 669.
Qo
Persécution des Juifs, accusés d'avoir excité le calife i détruire le Saint- Sépulcre.
Deux factions
italiennes
se disputent
la tiare.
die, nommé Lethbold, du diocèse d'Autun, qui allant à Jérusalem pour y trouver la patrie céleste, s'y endormit dans une bieoheureuse mort *. »
Raoul Glaber raconte aussi que les Juifs furent accusés et convaincus d'avoir excité le calife Hakem à détruire le Saint-Sépulcre. Un Juif, porteur d'une lettre compromettante écrite à ce sujet par ses coreligionnaires, aurait avoué son crime et subi, de ce chef, la peine du feu. Les Israélites étaient fort puissants à cette époque. La possession de la terre leur était interdite, mais le commerce etlabanque avaient mis en leurs mains des capitaux considérables. De grands armateurs juifs frétaient de nombreux navires à Marseille, à Arles, à Narbonne. Leurs vaisseaux allaient chez les Bretons et les Slaves, en Afrique, en Asie, jusqu'en Chine. Ils achetaient des épices et vendaient des esclaves. Ce commerce des esclaves avait soulevé contre eux les populations chrétiennes vers la fin du ix* siècle. Beaucoup d'entre eux furent dépouillés d'une partie de leurs biens. Le mouvement qui éclata contre eux au commencement du x^ siècle fut plus général et plus terrible. Des haines nationales, la jalousie excitée par leurs immenses richesses, le souvenir des exactions commises par un grand nombre d'entre eux dans leurs opérations de banque, se mêlèrent à l'indignation du sentiment religieux. On les chassa des villes, on les traqua dans les campagnes ; on les fit périr par le fer et par le feu ; quelques-uns se firent baptiser pour échappera la mort ; d'autres se tuèrent de désespoir^. Des scènes pareilles se reproduiront au cours du Moyen Age, et plus d'une fois les papes devront intervenir pour en réprimer les excès ^.
Mais au nroment où la fureur populaire se déchaînait ainsi, la papauté subissait une crise douloureuse. A quelques semaines d'intervalle, le patrice Crescentius et le pape Serge IV étaient morts. L'Italie qui, depuis le décès d'Otton III, s'était donné un roi national, Arduin, marquis d'Ivrée, était tout en effervescence. Les deux partis rivaux qui briguaient la tiare s'agitèrent plus que jamais. Les Crescentius mettaient en avant un certain Grégoire ; les Tusculans poussaient le troisième fils du comte de Tusculum, Théophy-