‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 56 sur 336 · I. Raoul Glaber, Hist., t. IV, 6, P. L., t. GXLII,.col · texte numérisé non relu

I. Raoul Glaber, Hist., t. IV, 6, P. L., t. GXLII,.col

^.Ibid.,, t. III, 7.

3. L'accusation des chrétiens était-elle fondée dans la circonstance ? Les dfirs traitements que le calife Hàkem fit subir aux juifs, les confondant avec les chrétiens dans la persécution, semblent absoudre les Israélites du crime que le peuple leur avait imputé.

LE PROTECTORAT IMPÉRIAL Ql

lacté. Au fond, dans l'état actuel des choses, la grande puissance

était encore, même à Rome, celle de l'empereur. Le parti des Cres- Elle»

centius et celui des Tusculans se tournèrent en même temps vers le - i'o„,,.oro.,r

1 al empereur.

successeur que les seigneurs allemands avaient donné à Ollon 111.

La transmission du pouvoir impérial ne s'était pas faite sans diffî- . ,.,.

. 1 -, 1.4 1, Crisepolitique

cultes. Otton III, en mourant, avait laisse I Allemagne dans une per- en

turbation inquiète. La noblesse y était profondément divisée, et les Allemagne règles de succession au trône y étaient encore mal définies. En prm- d Oiton III cipe, le souverain devait tenir sa couronne de l'élection, mais le (looa). priucipe électif tendait de plus en plus à céder devant le droit héréditaire. Henri I*% Otton I" et Otton II avaient transmis le royaume à leurs fils sans soulever de réclamations. On commençait, d'ailleurs, à s'apercevoir, par l'exemple de la France, des avantages du système héréditaire, qui épargnait au pays les compétitions et les troubles que soulève d'ordinaire une élection.

Trois candidats se présentèrent néanmoins. Eckhard, margrave de Misnie, en Saxe, fameux par ses exploits guerriers accomplis en Pologne et en Italie, se réclamait à la fois de sa renommée et de sa nationalité saxonne ; Hermann, duc de Souabe, également réputé pour sa vaillance et qui venait de contracter un brillant mariage avec la fille du roi de Bourgogne, se croyait autorisé, par ses hautes alliances, à briguer le premier rang. Mais la situation, dès le début, se dessinait plutôt en faveur du duc Henri de Bavière, qui joignait, à sa réputation de sagesse, de droiture et de bravoure, l'avantage de descendre en droite ligne du roi Henri 1®% et qui était, par conséquent, le propre neveu d'Otton le Grand.

Henri, toutefois, hésita tout d'abord à se mettre sur les rangs, a Soit défiance de lui-même, soit crainte d'entrer en lutte ouverte avec des candidats qui pourraient l'emporter sur lui, il lui sembla que de plus dignes devaient se concilier la majorité des suffrages *. » Mais les fermes avis de plusieurs membres de la haute noblesse et de l'épîscopat firent taire ses scrupules. Il se mit sur les rangs, avec la conscience de défendre la cause du droit et celle de la tranquillité de l'Empire.

X. II. Lesêtre, Saint Henri, un vol. in-ia, a«édit,, Paris, 1899, n. 33.

Saint Henri 11 (ioca-io45).

Sa naissance (6 mai 973).

Son éducation.

Son mariage

avec sainte Cunégonde.

Son élection (looa).

Son caractère.

Henri de Bavière, à qui la voix du peuple et celle de l'Eglise devaient décerner le titre de saint, était le fils de cet Henri le Querelleur qui avait jadis, sous Otton H, brigué la couronne de Germanie. A ce titre, il avait été suspect dès sa naissance. Mais sa mère Gisèle, se rendant compte du danger, l'avait prudemment fait élever dans un monastère. Suivant une coutume de ce temps, qui laissait à l'enfant le libre cboix de sa vocation lorsqu'il parvenait à l'âge du discernement suffisant, elle l'avait voué à la vie des chanoines réguliers dans le couvent d'Hildesheim, en Saxe. L'enfant ne devait pas suivre la vocation religieuse, mais de celte formation monastique il acquit une profonde et tendre piété. Par ailleurs, les appréhensions d'Otton H tombèrent. La conduite ultérieure du jeune prince ne fut pas dénature à les raviver. Après avoir suivi, sous la direction de saint Wolgang, évêque de Ratisbonne, le cycle des études les plus sérieuses, .vécu dans le commerce des plus grands auteurs, dans le culte des lettres sacrées et profanes, Henri de Bavière avait uni sa vie à une compagne digne de lui par sa piété profonde, Cunégonde, fille de Siegfried, comte de Luxembourg, au duché de Haute-Lorraine. Pendant les sept années qu'il avait gouverné le duché de Bavière, il s'était montré seigneur loyal et dévoué, apaisant, par son influence, les turbulences des féodaux autour de lui, accompagnant l'empereur Ollon III dans ses expéditions guerrières.

Dans une diète tenue à Werla, en 1002, les seigneurs reconnurent que le duc Henri devait régner « avec l'aide du Christ et en vertu de son droit héréditaire ». Ses rivaux essayèrent de lui opposer d'autres diètes, mais Eckhard fut assassiné le 29 avril de la même année. Le duc de Souabe prit les armes, et le duc de Bavière l'imita ; mais avant que rien ne fût décidé par le sort des batailles, Henri se fit élire, sacrer et couronner, au mois de juin, à Mayence. Il employa les mois suivants à faire reconnaître sa royauté ^

Par certains côtés de son caractère, Henri II formait un contraste frappant avec son prédécesseur Otton III. Utopiste et rêveur, ce dernier, dans la poursuite de ses projets grandioses, avait mécontenté l'Allemagne et perdu l'Italie; Henri, esprit sage et pratique, n'agissait qu'après avoir mûrement réfléchi. La foi religieuse d'Otton était mêlée de démonstrations bruyantes et de procédés pleins de hauteur ; celle d'Henri était à la fois discrète et solide, cherchant

Page 1