I. H. Lesêtre, op. cit., p. 4a-5i
LE PROTECTORAT IMPERIAL
toujours à concilier, par des combinaisons sagement étudiées, les intérêts de J'Eglise avec ceux de l'Etat.
Les premiers actes du nouveau roi de Germanie manifestèrent l'idée dominante qui devait gouverner sa politique 1) s'empressa de doter de nombieux monastères en Bavière, d'en fonder même de nouveaux. (( Qu'on ne s'imagine pas, écrit son plus récent biographe, qu'il n'y eût là de sa part que de simples œuvres pies A cette époque, l'ordre monastique se présentait comme un organisme merveilleusement adapté à l'œuvre de la civilisation Le monastère était une cité vivante, autour de laquelle se groupaient des populations entières, à qui les moines assuraient le bien-être par le travail. Les propriétés monastiques bornaient et séparaient les grands domaines des comtes et autres vassaux du royaume, empêchant ces seigneurs d'acquérir une prépondérance territoriale menaçante pour le souverain. Enfin chaque centre monastique constituait un fo^er de prière, d'étude, d'activité civilisatrice. Par sa vie régulière, mortifiée, laborieuse, au milieu même des plus grands biens, le moine ne cessait de donner au paysan cette grande leçon de choses, que l'homme a un autre avenir à préparer que celui de la terre, et qu'il faut tenir les yeux levés vers le ciel pour avoir l'intelligence de la vie présente. Le roi Henri se rendit compte de la puissance morale des moines, et, en l'utilisant, il fit œuvre de bon politique ^. »
Ces vues générales ne pouvaient faire oublier à un esprit aussi net que celui d'Henri II les difficultés concrètes que son autorité allait rencontrer dans le gouvernement de l'Empire. Ces difficultés pourraient lui venir de trois côtés à la fois : de la Pologne, où le roi Boleslas Ghobry groupait autour de sa personne tous les mécontents ; de sa propre maison, où les cinq frères de sa femme, convoitant déjà la succession, remplissaient le palais d'intrigues ; enfin de l'Italie, où le roi Arduin essayait de soulever contre l'Empire le sentiment national.
Dès l'année ioo3, une lutte s'engagea entre le roi de Germanie et le redoutable chef des Polonais. Deux premières expéditions furent favorables à Henri II ; la troisième eut une issue moins heureuse. Henri réussit pourtant à conclure, en 1018, une paix qui lui donnait une suffisante satisfaction : on cédait à Boleslas plusieurs provinces entre l'Elbe et l'Oder, mais il devait renoncer à la
Ses premier»
actes.
11 favorise
les institutions
monastiques.
Triple rôle civilisateur
des monastères.
Situation
deIaGerman:3
à Tavènement
d'Henri II.
Sa lutte
contre le roi
de Pologne
Boleslas
Ghobry (ioo3).