I. H. Lesêtrk, op. cit., p. 5o-5i
HISTOIRE GENERALE Dfc L EGLISE
II déjoue ies intrigues des seigneurs.
Erection
de l'évêché
de Bamberg.
Importance
de cet acte
Expédition
d'Henri II
en Italie
contre
le roi Arduin
Le pape Benoît YllI (ioia-102^).
couronne royale, qui avait été le principal but de son ambîlion.
Henri eut aussi beaucoup de peine à déjouer les intrigues de ses beaux-frères et de plusieurs autres membres de sa famille. Ceux-ci, d'accord avecTévêque de Wiirzbourg, avaient habilement combiné le plan d'une répartition des diocèses qui arracherait à l'archevêque de Mayence la suprématie sur les régions frontières delà Bohême. Cetle mesure n'était pas seulement la ruine de l'œuvre de saint Boniface ; elle était, dans leur idée, le prélude d'un morcellement de l'empire à leur profil. Ce fut pour ruiner ces calculs que le roi négocia avec le pape l'érection de l'évêché de Bamberg, qui fut placé sous la protection directe du Saint-Siège, mais sans être soustrait à la .juridiction de la métropole de Mayence *. La concession du titre et de la puissance de duc à l'évêque de Wiirzbourg, en 1017, finit par l'apaiser ; et l'entrée dans les ordres du frère de l'empereur, Bruno, en qui on voyait un prétendant au trône, contribua aussi beaucoup à mettre fin aux conflits nés de ce chef.
Une campagne dans l'Italie du Nord, en loo/i, n'avait pas eu raison d'Arduin et de ses partisans. Cependant le prétendu « roi national » mécontentait beaucoup de ses sujets par ses brutalités et ses maladresses. Les populations italiennes commençaient à tourner les yeux du côté du roi Henri. Celui-ci, prudemment, attendait, pour intervenir à coup sûr, une occasion favorable. Cette occasion se présenta quand les partisans de la famille de Tusculum et ceux de la famille des Crescentius lui demandèrent son appui. Henri réserva d'abord sa décision, et s'informa. Théophylacte avait été élu le premier, sous le nom de Benoît YH!, dans des conditions qui paraissaient normales, et son autorité s'affermissait de jour en jour. Le roi de Germanie se prononça alors pour Benoît VHI, et entra en Italie. On était à lafindeioiS. Arduin, voyant sa cause perdue, se retira dans son château d'Ivrée, et promit de renoncer à la couronae pourvu qu'on voulût bien lui donner un comté.
Les partisans de l'antipape Grégoire l'avaient abandonné. Benoit Ylll gouverna dès lors sans contestation. Quand Henri arriva à Rome, aux premiers jours de février 101 4, le pape, entouré d'un nombreux cortège de prélats, lui présenta un globe d'or, orné de pierres précieuses .et surmonté d'une croix. C'était le symbole du pouvoir que le souverain devait exercer sur le monde en loyal sol-