A. LucHAiRE, op. ci7., p
Uist. gén. de l'Eglise. — IV n
98 HISTOIRE GÉ?{ÉRALE DE l'ÉGLISE
de sept ans ; à Beauvais, de six ans. Il semble même que, dans un concile, on se soit engagé pour une durée illimilée *. Les ligues Dans le royaume de Bourgogne, plus généralement aT)pclé alors
de paix dans tait , 1 • .
le royaume royaume d Arles, le mouvement pour la paix remontait aux derd'Arle». nières années du x* siècle. Mais il paraît que le souvenir des serments jadis prêtés commençait à s'effacer, car, dans plusieurs conciles réunis aux environs de 1020, et notamment au Concile de Verdun-sur-le-Doubs, où s'assemblèrent, en ici 6, les grands de Bourgogne et lesévéques de la première Lyonnaise, on se proposa de « rétablir » et confirmer la paix *. Depuis ce concile, l'usage se généralisa de prêter un serment contenant une énumération détaillée . des choses défendues. On lit dans le serment de paix soumis au roi Robert, en 1028, par l'évêque de Beauvais, Warin : « Je n'envahirai d'aucune manière les églises ou les celliers des églises, sinon pour y saisir le malfaiteur qui aura violé la paix ou commis un homicide... Je n'assaillirai pas les clercs et les moines qui ne portent pas des armes séculières. Je n'enlèverai ni bœuf, ni vache, ni aucune aulre bête de somme. Je ne saisirai ni le paysan, ni la paysanne ni les marchands ; je ne leur prendrai pas leurs deniers, et je ne les obligerai pas a se racheter. Je ne ferai pas en sorte qu'ils perdent leur avoir à cause de la guerre de leur seigneur. Depuis les calendes de mai jusqu'à la Toussaint, je ne saisirai ni cheval, ni jument, ni poulain dans les pâturages. Je ne détruirai ni n'incendierai les maisons ;je ne déracinerai ni ne vendangerai les vignes, sous prétexte de guerre » ^.
Enthousiasme « La paix de Dieu fut accueillie avec enthousiasme par tous les
avec eque opprimés. Raoul Glaber montre la multitude affluant aux conciles de Dieu » est et criant, les mains tendues vers le ciel : « Paix, paix, paix I » tandis
^^TAes^ *ï^® ^®^ évêques levaient leurs crosses. L'institution grandissait, populations, prenait des proportions imprévues. Non contente d'excommunier le noble qui violait la paix, l'Eglise jeta l'interdit sur toute l'étendue de son ressort féodal » *. Dans une conférence qu'ils tinrent dans l'abbaye de Mouzon, au diocèse de Reims, l'empereur Henri II et le roi de France Robert étudièrent le moyen de rendre cette paixuni-
1. Ch, Pfister, Etudes sur le règne de Robert le Pieux, un vol. in-8", Paris, i885, pp. 170-171.
2. R. PouPABDiN, Le royaume de Bourgogne (888-io38). Etudes sur les origines du royaume d'Arles, un vol. in-80, Paris, 1907, p 3oi.