Ibid
lE PROTECTORAT IMPEniAL
verselle. Mais bien des seigneurs étaienl eocore récalcitranls. La papauté elle-même ne put prendre la direction de l'entreprise que dans la seconde partie du xi** siècle.
Dans cette chrétienté à demi pacifiée, Benoît VIlï ne put réaliser qu'une demi-réforme. Le concile général de l'Occident, qu'il s'était proposé de réunir avec le concours d'Henri II, ne put se tenir; mais il réussite assembler à Pavie, en 1018 ^ un important concile.
(( Le concile de Pavie, dit Hefele, occupe une place considérable dans l'histoire de la réforme de l'Eglise au xi* siècle 2. » Le pape le présida en personne, et l'empereur paraît y avoir assisté. Les sept canons qui y furent promulgués ont tous trait à la réforme des mœurs dans le clergé, et en particulier à l'observation du célibat ecclésiaslique 3. L'empereur fit de ces canons des lois de l'Etat*, et en poursuivit l'application en s'appuyant sur Tépiscopal et sur les monastères.
On a reproché à Henri II une ingérence abusive dans la nomination des évêques. En vertu du droit et des usages alors en vigueur, le privilège d'élire les chefs des diocèses appartenait aux principaux membres du clergé local ; mais le désir du souverain faisait ordinairement loi pour les électeurs, et leur choix était ensuite confirmé par le même souverain, qui remettait à l'élu lesinsignes de sa charge: la crosse et l'anneau. Cette intervention du prince temporel s'expliquait par ce fait que les évêques concentraient alors dans leurs mains le pouvoir spirituel et une notable partie de la puissance temporelle; qu'ils étaient à la fois chefs des diocèses et seigneurs des territoires attribués à leurs sièges. LesOttons avaient, presque toujours, usé de leur influence avec sagesse ; et le droit d'investiture ne présentait guère que des avantages aux mains d'un prince comme Henri II, soucieux avant tout de l'honneur de l'Eglise et du bien des âmes. Presque tous les élus de son temps furent des hommes de haute valeur et de vie exemplaire. On cite, parmi eux, les noms de Tagino de Magdebourg, de MeiuAvcrk de Paderborn, d'Eberhard de Mersebnurg, de Méginaud de Trêves, de Thietmar de Mersebourg s.
Les monastères fournirent à l'empereur des collaborateurs non
L'enlrevue
de Mouzon
enire Henri
et Robert
le Pieux
Concile
de
Pavie (1018).
Intervention de saint Henri
dans la nominatioa
des évêques.
Baîsoni
de cette
intervention.
1. Mgr Duchesne dit loao, mais les arguments donnés par Hefele, pour maintenir la date de iot8, paraissent concluants (Hefele-Leclebcq, 1. IV', p. 919).