Helgald, Vita Roberti, P. L., CXLI, gSi
LE PROTECTORAT IMPERIAL
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d'assurer la paîx universelle et d'aider l'Eglise à réformer son cleigé. Les deux souverains, entourés d'une suite nombreuse, se donnèrent le baiser de paix, entendirent ensemble la messe, dînèrent à la môme table, et si leur noble idéal ne put être réalisé, ils y consacrèrent jusqu'à la fin de leur vie le meilleur de leurs efforts.
Un an après l'entrevue d'Ivois, le pape Benoît VIII cessait de vivre. Des calculs chronologiques fixent avec probabilité sa mort au j i Juin 1024 *• Le dernier fils du comte de Tusculum fut un pape irrépro- d*^°'' vni chabie, à la hauteur des grands devoirs de sa charge. « On n'a guère ^1, ju.Dioa4) que du bien à dire du pape Benoît VIII, » écrit MgrDuchesne^. Le pontificat de son frère Jean XIX, et surtout celui de son neveu Benoit IX, devaient être moins heureux pour l'Eglise.
La situation faite par Benoît VIII à son frère Romain rendait l'élection de son successeur délicate. Dépouiller brusquement le (( Sénateur des Romains » de son titre et du gouvernement temporel de l'Eglise, c'était mécontenter gravement la maison la plus puissante de l'Italie, soulever peut-être une révolution. Elever au trône pontifical un membre du Sacré Collège, c'était le mettre en tutelle ou le condamner à de perpétuels conflits. Une troisième combinaison se présentait : conférer le pouvoir spirituel à celui qui détenait déjà le temporel. Mais Romain était simple laïque. N'importe, cette circonstance, qui rendait l'élection irrégulière, ne la viciait pas d'une manière irrémédiable, rendait possible sa ratification par un consentement implicite et subséquent à son ordination. Celte dernière solution parut la moins chargée d'inconvénients, la seule pratiquement Le pape réalisable. Romain, fils puîné du comte Grégoire de Tusculum, fut / *? ÎJ élu, et, après avoir reçu rapidement tous les ordres sacrés, intronisé sous le nom de Jean XIX 3.
On ne peut refuser à Jean XIX les qualités d'un administrateur habile, d'un politique avisé. Il en avait donné des preuves pendant Son caractère, plusieurs années, sous la conduite de son Irère. Ses mœurs étaient à l'abri de tout soupçon. On l'a accusé de cupidité, d'insouciance à