Jaffé, I, n. ^oSq
a. l^ucHESNB, les Premiers Temps de l'Etat pontifie al ^ p. 872.
3. L'intronisation eut lieu du 2k juin au ]5 juillet (Japfé, I, n. ^069).
io4
Réveil
des prétentions
de
lenopereur
d'Orient
Baaile 11.
Il prétend
faire consacrer
par le pape
le titre
d'évêque
œcuménique
donné au
patriarche
de Gonstanti-
]QopIe.
Jean XIX.
est sur le point
de céder.
Eloquente
protestation
de saint
regard des choses religieuses. Disons seulement, pour être plusjuste, que, privé des conseils de son frère, il laissa trop souvent dominer, dans sa politique, les calculs humains, et languir l'œuvre réformatrice si courageusement poursuivie sous le précédent pontificat.
L'avènement d'un tel pape, coïncidant avec la vacance de l'Empire par la mort d'Henri II, réveilla les ambitions de l'empereur d'Orient Basile II, qui convoitait toujours l'hégémonie dans l'Italie méridionale, et n'avait pas renoncé à élever le siège patriarcal de Constantinople au niveau de celui de Rome. Les grandes victoires que le potentat byzantin avait remportées sur les Russes et sur les Sarrasins, le grand massacre qu'il venait de faire des Bulgares et qui lui avait valu le surnom de Bulgarochtone, avaient singulièrement exalté son orgueil et celui de ses sujets. Deux ans plus tôt, ceux-ci, assiégés dans Troja par l'armée allemande, avaient menacé leurs ennemis de la prochaine arrivée du grand monarque de l'Orient, en déclarant que l'empereur des Romains serait forcé de lui baiser les pieds*. « Or, vers l'an du Seigneur i024» dit Raoul Glaber, le chef de 1 Eglise de Gonstantinople ^ et l'empereur Basile décidèrent que, de même que le pontife de Rome s'appelait pontife universel dans le monde entier, le pontife de Gonstantinople s'appellerait œcuménique dans le monde grec. Mais il fallait obtenir l'assentiment du pape. Ils envoyèrent donc à Rome des ambassadeurs chargés de nombreux et riches cadeaux, tant pour le pape que pour tous les personnages qu'ils pensaient pouvoir servir leur cause. « Hélas I s'écrie ici le chroniqueur, nous vivons en un temps oiJ l'or est le roi du monde, et c'est à Rome que ce potentat semble avoir fixé le siège de sa puissance I Les riches présents des Grecs troublèrent le cœur des Romains, qui cherchèrent quelque subterfuge pour accorder ce qui leur était demandé. Mais ce fut en vain. On ne saurait faire mentir la parole de vérité, qui a dit de la chaire apostolique: « Les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » Les intrigues qui s'agitaient dans le conclave transpirèrent promptement au dehors; ce fut dans toute l'Italie une rumeur générale. Les clameurs indignées, les cris de révolte, qui éclatèrent de toutes parts, ne peuvent se dire. Le vénérable Père Guillaume, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, écrivit à ce sujet au pape Jean XIX la lettre suivante, brève, mais éloquente et