Ibid
monastique au monastère
de Sainte-Marie de l'Avenlin.
Grégoire Vî
le choisit
pour chapelaia
ou secrétaire.
Grégoire VI
adresse
un appel
au monde
chrétien
pour la
restauration
de la basiliciuo
de Saint- Pieire.
n sollicite
l'appui
de l'empereur
Henri III.
L'empereur
Henri III (loSg-ioSC).
Concile ie Pavie
Eglise romaine, et s'en sont servis pour leur usage. Voici que l'église qui possède les corps des bienheureux apôtresPierreet Paul, l'église dont le rayonnement éclaire l'univers entier, est, hélas ! menacée de ruine. Des clercs remplis de religion, des laïques, ont offert de nous donner tous les ans, pour restaurer l'église de Saint-Pierre, une partie de leurs offrandes *. » Le pontife promettait ensuite le suffrage de ses prières et la bénédiction de Dieu à tous ceux qui contribueraient à cette œuvre sainte.
Mais l'œuvre entreprise par le courageux pontife ne tarda pas à être entravée par des difficultés de toutes sortes. Tandis que le pieux duc d'Aquitaine, Guillaume, entendait 1 appel de Grégoire et faisait faire des quêtes parmi ses sujets, la plupart des autres princes restaient sourds à la voix du pape. Plusieurs même, comme le comte Gehard de Saxe, comme les chefs de la maison de Grescentius, faisaient au nouveau pape une opposition non dissimulée.
Grégoire se tourna vers le prince qui, par les titres qu'il s'arrogeait, devait être le protecteur et le défenseur de l'Eglise romaine, vers celui qui, se donnant comme le successeur de Gharlemague, devait en continuer les services.
L'empereur Conrad II était mort en loSg. Son successeur, Henri III le Noir, âgé de vingt-deux ans à son avènement, et doué dès lors d'une maturité rare, devait élever l'Empire au point culminant de sa puissance. Mais sa conduite à l'égard de l'Eglise offrit un singulier contraste. Adonné à toutes les pratiques de piété, ami du clergé et des moines, ennemi déclaré de la simonie, il se rapprocha de l'Eglise, mais pour la gouverner et ne débusqua la famille de Tusculum du rôle qu'elle s'était assigné à l'égard de l'Eglise romaine que pour essayer de confisquer à son profit la papauté *.
L'empereur s'empressa de répondre à l'appel que lui adressait le pontife romain. Son désir de réformer les abus de l'Eglise pouvait être sincère ; mais il désirait surtout se rendre à Rome pour s'y faire couronner.
Il se rendit d'abord à Pavie, où il réunit, les 25 et 26 octobre
r. MvNsr, XIX, 621.
2. James Bryce, le Saint E-npi^e, pp. igô-igO ; Hefele-Leclercq, IV, 977 et s. ; 0. Dblarg, t. I, p. L-Lii Hefele et Delàrc portent un jugement plus favorable à cet empereur Nous ne pensons pas que ce jugement soit fondé Hefele reconnaît qu' (( Henri [Il s'est regirdé Domme le maître de l'Eglise, ayant le droit de donner et de reprendra leâ charges des évêques et du pape •> {op. cit , p. 978).
LE PR0TE0TORA.T IMPERIAL
io46, un concile nombreux. Beaucoup d'évêques allemands, de la suite du roi,^ siégèrent à côté des évêques italiens. C'est là qu'il paraît avoir prononcé * le fameux discours contre la simonie dont certains historiens lui ont tant fait gloire ^, et qui mériterait toute notre admiration s'il avait réglé la conduite de l'empereur dans la suite de son règne : a C'est en pleurant que je vous parle, s'écriat-il, ô vous qui tenez dans cette Eglise la place de Jésus-Christ... En envoyant ses apôtres évangéliser le monde entier, le Verbe de Dieu leur avait dit : « Ce que vous avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement. » Pourquoi donc vous laisser dominer, au contraire, par l'avarice et la cupidité.^ Mon père, sur le salut de qui je suis très inquiet, a aussi fait preuve, dans sa vie, d'une avarice condamnable... Demandez à Dieu de vouloir bien lui pardonner. Pour moi. de même que, par le seul effet de sa miséricorde, le Seigneur m'a gratuitement donné sa couronne, de même je donnerai gratuitement ce qui a trait au culte du Seigneur. Je veux que vous agissiez de même ^. i> Peu de temps après, le roi Henri III et le pape Grégoire VI eurent une entrevue à Plaisance. Ils se rendirent ensemble à Sutri, à huit lieues de Rome, où, pour se conformer au désir du roi, Grégoire convoqua un nouveau concile, qu'il présida lui-même, le 3o décembre 10^6. Ce désir du roi était un piège, que ni le pape ni son confident Hildebrand ne surent discerner au premier abord. Hildebrand ne devait apprendre que plus tard, par l'expérience de la vie, à se défier des paroles des hommes, et encore l'excès de confiance en ses ennemis resta-t-il toujours la noble faiblesse de ce grand caractère. Le but du roi était, en réunissant ce concile, d'y faire régler suivant ses propres vues la question de la légitimité de l'élection de Grégoire, et de donner au pape, dans l'assemblée que celuici devait présider par ses fonctions, l'attitude d'un accusé. On commença par déclarer nulle l'élection de Sylvestre III. La cause de Benoît IX, qui avait refusé de se rendre à l'assemblée, fut réservée. Puis on en vint à l'élection de Grégoire VI. « Le pontife, homme très simple, dit le chroniqueur Bonizo. exposa sans détours l'histoire de sou élection. Il jouissait d'une grande fortune, qu'il voulait employer pour le bien de l'Eglise ; ayant vu comment la tyrannie du
Discours
de l'empereur
contre
U simonie.
Concile de Sutri (io46).
Grégoire VI
et son secrétaire
Hildebrana
ne savent pas
déjouer
le plan
de l'empereur.
1. C'est l'opinion de Stbiîtdorpf {fahrb. des deatschen Raichs unter Heinrich 111, 187^, t. l, p. 307 et t.) à laquelle se range Hbfelb, op. e'U , p. gSS.