‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 82 sur 336 · Hsfblb-Leclercq, pp. ioa3-ioa · texte numérisé non relu

Hsfblb-Leclercq, pp. ioa3-ioa

HISTOIRE GENiiRALE DE L EGLISE

Apparition^

tîe la CoUe:tio

7 U ca'omtm

(io5o).

Construction

d'églises.

Saint Léon IX et le chant liturgique.

conduite de ses abbés, qui reçoivent eux-mêmes leur direction du Saint-Siège *. »

L'œuvre réformatrice de Léon IX fut puissamment aidée par l'apparition, en io5o, d'une collection de lois ecclésiastiques, connue sous le nom de Collection en 7U titres qui devait servir de base à l'importante Collectlo canonum d'Anselme de Lucques, contemporaine de saint Grégoire VII, laquelle devait être largement utilisée par le Décret de Gratien. Cette collection, dont les textes avaient trait aux droits et aux obligations des clercs, aux privilèges et aux servitudes des églises, à la procédure accusatoire, au droit d'appel et à la primatie du Siège apostolique, était la première manifestation d'un mouvement juridique dont les progrès allaient exercer une influence prépondérante dans la réforme de la discipline et des mœurs *.

On doit rapporter à l'œuvre réformatrice de saint Léon IX ce qu'il fit pour la construction et l'embellissement des églises et pour la parfaite exécution des chants sacrés. « Il fut honoré, dit-on, par ses contemporains, et surtout par les habitants de Bénévent, comme un médiateur céleste, à cause des églises qu'il fit construire ^ ». Chanteur habile, particulièrement apte à exécuter les « circonvolutions du quilisma * », dit son épitaphe, il fut aussi compositeur. « On lui fait honneur de répons pour les fêtes de saint Grégoire le Grand, de sainte Odile et de saint Gorgon. Les compositions de Léon IX furent longtemps célèbres dans les églises alsaciennes et lorraines 5. »

1. Brucker, s. J., V Alsace et rEglité au temps de S. Léon IX, Strasbourg, 1889, a vol. in-80, t. I, p. 227.

2. La Collectio 1 U cationam, dont les Ballerini et le P. Theiner avaient simplement signalé l'eicistence et mentionné les rubriques, a été étudiée par M. P. Fourmer dans le tome XIV des Mélanges d'archéologie et d'histoire publiés par l'Ecole française de Rome, en 1894. M. Thaner en a publié à Innsbrûck, en 1906, le premier fascicule. La Bibliothèque Nationale de Paris en possède un manuscrit du xie siècle, qui paraît avoir été fait pour l'abbay* de Saint-Denis (Bib. Nat., nouY. acquis.. Latin, 326).

3. Hergenrôthbr, Hist. de l'Eglise^ trad. Bélet, t. III, p. 269. 4- Neume ornemental, correspondant à li ne sorte degruppetto.

5. A. Gastoué, VArt grégorien, p. 89. On attribue aussi à Léon IX le Gloria in excelsis qui est placé comme n» i ad libitum dans l'édition vaticane du graduel romain.

l'affra-nchissemeîît de l'église

La tâche entreprise par le saiot pape était d'autant plus pénible qu'aux maux anciens de l'Eglise étaient venue» s'ajouter des épreuves nouvelles. L'hérésie de Bérenger, le schisme des Eglises d'Orient et les violences exercées par les Normands dans la Basse Italie, furent les principales de ces épreuves.

En condamnant « certains hérétiques nouvellement apparus dans les Gaules ^ », le concile de Reims visait-il Bérenger et ses partisans ? Tout le fait supposer.

Le rhéteur habile, à l'esprit ondoyant, au caractère versatile, qui groupe autour de sa personne et qui rallie à sa doctrine, durant le xi^ siècle, cette masse d'âmes inquiètes, impatientes de tout joug et avides de toute nouveauté, qui forment le noyau de toutes les liérésie* à toutes les époques de l'histoire, Bérenger, n'a rien de la personnalité puissante d'un Arius, d'un Pelage ou d'un Luther. Né à Tours, vers l'an looo, disciple de Fulbert de Chartres, mais discerné dès lors par ce maître comme un esprit faux et dangereux *, il s'élève rapidement, par l'éclat de son talent et par ses intrigues, aux fonctions d'écolâtre de Tours et d'archidiacre d'Angers ^. L'élévation de son ami Eusèbe Brunon au siège épiscopal d'Angers, en io47, ^^ protection que lui offre en même temps le comte d'Anjou, Geoffroy Martel, le succès de ses propres leçons, exaltent son ambition. Bérenger n'est point capable de concevoir et d'enseigner, comme l'ont fait avant lui, depuis les premiers docteurs de la gnose jusqu'à Jean Scot, la plupart des grands hérésiarques qui ont paru dans l'Eglise, une métaphysique nouvelle. « Affecter une démarche théâtrale, s'attacher à faire remarquer en lui ce que la dignité de professeur a de plus éclatant bien plus que ce qu'elle a de sérieux, simuler des méditations prolongées, s'exprimer avec des modulations prétentieuses, bref, tromper les esprits inattentifs de manière à s'attirer la réputation d'un docteur sans en avoir le mérite » : tel est, suivant le tableau que trace de lui

Epreuve»

de son pontificat.

L'hérésie de Bérenger.

Notice biographique sur Bérenger

de Tours (10001088).

Son caractère.

î. P L., t. CXLII, col. i/,37.

2 Abbé Clbrv4l, les Ecoles de Chartres aa Moyen Age, Chartres, iSgS, p. io5.

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