I. Hefelb-Leglercq, t. IV, p
l5o HISTOIRE GÉ-NÉRAlLE DE l'ÉGLISE
téristiqiie. La claire vue des difficultés, la décision, la souplesse, la persévérance, le parfait désintéressement, tous les dons qui devaient caractériser saint Grégoire VII dans son gouvernement, s'étaient révélés à la fois dans ces longues négociations qui aboutirent à l'élection de Victor II *.
Dans son court pontificat, de deux ans à peine, le nouveau pape réalisa les espérances qu'on avait mises en lui. Il sut, dans ses rapports avec les princes, faire respecter la liberté de l'Eglise romaine, et, dans la réforme du clergé, réprimer d'une main ferme les abus de son temps, Il fait II profita d'un voyage que l'empereur fit en Italie pendant l'été
l'imS^end^ ^® io55, pour lui rappeler ses engagements relatifs à la protection de l'Eglise, des domaines du Saint-Siège. Il obtint de lui, non seulement la restitution de certains biens indûment retenus, mais aussi la concession du duché de Spolète et du comté de Camerino ^ ; puis, chargeant Hildebrand de relever les finances pontificales, il réduisit lui-même à l'obéissance plusieurs châteaux qui prétendaient s'y soustraire, ne craignant pas en cela de résister à l'empereur luimême 3.
L'année suivante, Victor II se rendit lui-même en Saxe, à Goslar, auprès de l'empereur, afin d'obtenir de lui des troupes suffisantes pour tenir en respect les Normands et les Tusculans, qui recommençaient à s'agiter. Dans cette entrevue, plusieurs autres affaires importantes furent traitées* ; entre autres, un vif conQitqui avait éclaté Il dissipe entre Henri III et le duc de Lorraine fut apaisé. L'empereur, l'an- ^^dÏÏelnnT' née précédente, avait été mécontent de voir la duchesse de Toscane, contre Béatrice, sa parente, épouser le duc de Lorraine, Gottfried, dont ^'é'atrrce^ les intérêts politiques étaient opposés aux siens. Il avait cru voir de Toscane, dans ce mariage une sorte de complot pour enlever à la Germanie sa prépondérance dans l'Italie septentrionale. Son irritation avait même été si violente qu'il avait emmené en Allemagne, et retenu prisonnières à sa cour, la duchesse Béatrice et sa jeune fille Mathilde. L'intervention de Victor II dissipa les préjugés de l'empereur. Les deux cousines de l'empereur retournèrent en Italie. Mais la comtesse
I. Sur cette élection, voir Hefelb-Leclercq, t. IV, pp. Iii3-iii6; Delarg, op. ci(., t. II, p. 5-IO.
a. Hefele-Leclercq, IV, 1119, note 2.