‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 91 sur 336 · Delauc, II · texte numérisé non relu

Delauc, II

L AFFRANCHISSEMENT DE L EGLISE

Matliilde devait faire expier plus tard au fils d'Henri III les procédés de son père * .

Le pape et l'empereur nourrissaient de nouveaux projets pour le bien de l'Etat et de l'Eglise. Mais, le 5 octobre io56, après quelques jours seulement de fièvre, Henri III mourut. H était âgé de trenteneuf ans. Il expira pieusement, entre les bras du pape, demandant bautement pardon à ceux qu'il avait offensés. « Il laissait, pour lui succéder, sous la tutelle de l'impératrice Agnès, un enfant de six ans, Henri IV, né le ii novembre io5o, et sacré le 17 juillet io54. Préoccupé de l'avenir de la mère et de l'enfant dans des circonstances si critiques et avec une noblesse si turbulente, le mourant les recommanda à son ami le pape Victor. Ce fut, en effet, le pape qui, dès le kndemain de la mort du souverain, gouverna pendant quelque temps au nom de l'impératrice et du jeune Henri IV, et sa présence en un tel moment fut pour le pays un bienfait inappréciable. Si, à cette époque, la Germanie échappa à l'anarchie et à la guerre civile, elle le dut à la sagesse et à l'autorité du pontife ^. »

Ce qu'il vit en Allemagne, à l'occasion de cette intervention dans les affaires politiques de ce pays, lui fit comprendre qu'il devait compter de moins en moins sur la couronne de Germanie pour venir au secours du Saint-Siège. C'est pourquoi on le vit, à son retour en Italie, resserrer les liens d'amitié qui l'unissaient au ducGottfried et à la duchesse Béatrice. Les Lorrains et les Toscans lui parurent de plus sûrs appuis. Entrevoyait-il déjà l'attitude hostile que prendrait un jour Henri IV ?

Victor II tint, par lui-même ou par ses légats, de nombreux conciles ayant pour but la réforme de l'Eglise, en particulier la suppression de la simonie. On doit citer, entre autres, les conciles de Chalon-sur-Saône et de Toulouse en France, de Llandaff, au pays de Galles, de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, et de Latran à" Rome ^. Hildebrand, Pierre Damien, l'archevêque d'Arles, Raimbaud, et l'archevêque d'Alx, Ponce, furent, dans cette œuvre de réforme, ses principaux auxiliaires. Hildebrand racontait plus tard à son ami Didier, abbé du Mont-Cassin, le futur Victor III, comment, dans l'un de ces conciles, Dieu lui-même seconda par un miracle la campagne entreprise par le pape contre la simonie des clercs.

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