HEFELE-LBCLEnCQ, IV
Mort d'Henri TU
(5 octobre io56).
Nombreux
conciles
réformateurs
réunis par Victor H,
Dieu seconde
son œuvre
réformatrice
par des miracles.
Mort
de Victor II
(a8 juillet
<( C'était en Gaule. L'évêque de la ville où j'avais rcunî un concile passait pour avoir acquis son évêché à prix d'argent. Comme il niait obstinément, je l'adjurai en ces termes : Je te somme de déclarer, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, si tu es, oui ou non, cou-» pable du crime dont tu es accusé ; et, si tu es vraiment coupable, fasse le Ciel que tu ne puisses prononcer le nom du Saint-Esprit, dont tu as acheté les dons. L'évêque commença à dire : « Au nom da Père, du Fils... «Mais il ne put aller plus loin. Tous les assistants demeurèrent alors convaincus que le malheureux s'était souillé du crime de simonie. Lui-même avoua sa faute en tremblant ^. »
D'après Bonizo, le concile dont il est ici question se serait tenu à Embrun en 1067 ^ ; c'est, en effet, en 1067 que Hugo, archevêque d'Embrun, cessa d'administrer ce diocèse et aussitôt fut remplacé par Winimann ^. Quoi qu'il en soit, Hildebrand dut quitter la Gaule bientôt après, car on le trouve à Arezzo, le 28 juillet 1067, auprès du lit de mort de Victor IL
Election d'Etienne IX.
Aussitôt que la nouvelle delà mort du pape se fut répandue dans Rome, le clergé et le peuple se réunirent pour lui donner un successeur. Hildebrand n'étant point encore revenu de Toscane, plusieurs proposèrent d'attendre son arrivée. D'autres mettaient en avant plusieurs noms, parmi lesquels celui d' Hildebrand lui-même. Le troisième
«xat.cuuc x/v jom» l'accord se fit unanimement sur le nom du cardinal Frédéric (6 août 1057). '', ^ . ,, . , r* 1 . T- .
de Lorraine. Gommée était la lete de saint Etienne, pape et martyr,
il prit le nom d'ExiENNE IX *.
Cette élection, faite sans préoccupation de l'assentiment de l'empereur, n'était pas seulement significative par sa spontanéité ; elle l'était aussi par le choix de l'élu. Le cardinal Frédéric de Lorraine, abbé du Mont-Cassin, était le frère! jiu duc Gottfried, le beau-frère de la duchesse Béatrice ; il représentait la grande maison de Toscane, où les papes précédents avaient reconnu une aide puissante, et
1. Victor III. Dialogi, 1. III, P. L., t. GXLIX, col. ioi3. a. BoMzo, Ad amicam, l. VI, P. L., t. CL, col. 826.
3. Jab-fé, n, 4369 ; Bouche, Hisl. de la Provence, t. II, p. 7^.
4. D'autres disent Etienne X, parce qu'ils comptent comme pape le successeur de Zacharie, Etienne, qui, élu en 762, mourut trois ou quatre jours après son élection sans avoir été sacré. Cf. Hist. Gén. de VËglise^ t. III, p. agi, note i.
l'affranchissement de l'église i53
Tempereur Henri lïl une rivalité. Le passé du nouveau pape était irréprochable ; son dévouement à la réforme de l'Eglise était connu de tous; plusieurs missions diplomatiques, particulièrement celle qu'il avait remplie à Constantinople au moment du schisme de Gérulaire *, avaient montré la sagesse et la fermeté de son sens politique.
Le pontificat d'Etienne TX fut très court ; il ne dura pas huit mois ; mais il marque un moment important dans l'histoire de la lutte contre la simonie, et on a pu y voir, semble-t-il, avec raison, le vrai point de départ de la lutte contre les investitures ^.
La nomination de Pierre Damien au cardinalat et à l'évêché d'Os- Pierre Damien tie fut comme le signal d'une vigoureuse entrée en campagne contre créé cardinal
les clercs concubinaires et simoniaques. Par sa nouvelle dit^nité, le ®t évêque
. d'Ostie.
solitairede Fonte-Avellana, lecourageux auteur du Livre de Gomorrhe,
devenait le premier dignitaire de la cour pontificale 3. On a quelquefois cherché, en invoquant quelques expressions un peu vives empruntées à la correspondance de Pierre Damien, à le représenter comme un rival d'IIildebrand. Rien n'est moins justifié. «Dans tous tes combats, écrivait à son illustre ami l'austère eamaldule, dans toutes tes victoires, je me suis jeté à ta suite, non pas seulement comme un compagnon d'armes, ou un écuyer, mais comme un foudre de guerre. Ta volonté a tenu lieu pour moi de l'autorité des canons*. » Ce qui est vrai, c'est que Pierre Damien fut avant tout un grand agitateur ; Hildebrand, un grand diplomate. Le premier, plus Pierre Damien
confiant dans les mesures autoritaires, fut toujours plus disposé à tt-ii^' j 11 1 A , 1 1. • , Hildebrand.
chercher un secours du cote de 1 empire ; le second, plus passionné
pour la liberté de l'Eglise, mit plus d'espoir dans l'emploi des armes spirituelles. Pierre Damien, comme on l'a dit en se servant d'expressions qui ne devaient être employées que plus tard, fut plutôt gibelin, et Hildebrand fut plutôt guelfe ; mais l'unité de leur but fut parfaite, et, par ce qu'ils eurent de divers dans leur manière d'agir, ils se complétèrent l'un l'autre.