M. G., SS., t. V, D
a. P. L., t. CL, col. "827.
3. JuIcsGay, l Italie méridionale et l'Empire byzantin, in-80, Paris, 1904, p. 5i6.
serment suivant : « Je jure d'être constamment fidèle à l'Eglise romaine et au seigneur pape... Je prêterai constamment mon appui à la sainte Eglise romaine pour maintenir et revendiquer les droits régaliens de saint Pierre et ses possessions, et je resterai fidèle vassal a l'égard de tous les véritables successeurs du seigneur pape Nicolas, qui confirmeront l'investiture qui vient de m'être accordée \ n Un des premiers résultats de cette alliance fut l'abdication de l'antipape. Celui-ci recevait à Galeria, à quinze milles au sud de Rome, l'hospitalité de l'un de ses partisans, le comte Girard. A la nouvelle de l'approche du pape, escorté par l'armée des Normands, Girard pria son hôte de fuir. « Celui-ci, disent les Annales romaines^ monta sur le rempart, et, aussitôt qu'il aperçut les Romains : « C'est malgré moi, leur cria-t-il, qu'on m'a fait votre pontife. Promettez-moi la vie sauve, et je renoncerai à la papauté. » Trente représentants de la ville de Rome jurèrent que l'on respecterait sa vie. Le pape Nicolas regagna alors Rome avec son armée, et l'antipape, s'étant dépouillé de ses insignes pontificaux, vint habiter la maison de sa mère ^ », près de Sainte-Mar>i^-Majeure.
« Cette scène, disent les Annales romaines, se passait au temps de la moisson . » Quatre mois auparavant, en avril, sans attendre l'issue de ses négociations avec les Normands, Nicolas II avait réuni à Rome un grand concile où la question des élections pontificales fut
réglée.
On peut réduire les dispositions essentielles du décret à cinq points principaux : i** A l'avenir, le droit de choisir le pape appartiendra exclusivement aux cardinaux. « Après la mort du pape, est-il dit, les cardinaux-évêques traiteront ensemble de l'élection ; ils appellerent ensuite les cardinaux-clercs, et enfin le clergé et le peuple y donneront leur consentement. » 2** Le nouveau pape devra être choisi parmi le clergé romain, hors le cas où l'on ne trouverait dans ce clergé aucun sujet capable. 3° Si l'élection ne peut se faire à Rome, elle aura lieu dans l'endroit que les cardinaux jugeront convenable. 4° Si, par quelque empêchement, la cérémonie de l'intronisation est retardée, le pape élu n'en jouira pas moins d'une juridiction complète. 5° Ou devra toujours sauvegarder soit l'honneur et le respect
Serment prêté
par Robert
Guiscard.
Premier
résultat de
cette alliance :
abdication de l'antipape (août loôg).
Nicolas IT règle
la question des élections
pontificales (avril loSg).
Principales
dispositions de son décret.
1. Baroîîius, Annales, ad ann. ioSq, n. 70. Ce texte est emprunté au Liber censuum. Voir Duchesîie, le Liber censuam, 2 vol. in-4<*.
2. Annales romani, dans Watterich, t. I, p. 217 et s. Cf. Delarc, le Pontijîcat de Nicolas 7/ dans U Rev. desquest. hist., 1886, t. XL, p. Sgi-Sga.
Portée de ce décret.
Politique bienveillante de Nicolas II
à l'égard de la France.
dus au roi Henri, en vertu de concessions à lui faites, soit l'honneur et le respect qui pourraient être dus à ses successeurs en raison de concessions éventuelles et personnelles *.
Dans ces importantes décisions, Nicolas II ne visait pas seulement les procédés violents des princes italiens et les mesures d'intimidation des empereurs allemands, il avait aussi en vue l'ingérence possible dans les élections papales des nouveaux protecteurs de la papauté, les Toscans et les Normands. Au moment où l'Eglise se donnait de nouveaux alliés, elle se prémunissait contre les dangers de ces alliances. L'acte législatif d'avril loBg était comme une étape de cette politique fortement calculée et compensée qu'inspirait le cardinal Hildebrand.
On doit également attribuer à Hildebrand l'attitude prise par Nicolas II à l'égard de la France. Un esprit pénétrant comme le sien ne pouvait méconnaître l'avenir réservé à cette nation, qui tout en se refusant obstinément à entrer dans l'organisation du Sîiint-Empire, se montrait prête à jouer le rôle de « chevalier de Dieu ». A la suite de négociations, dont nous n'avons pas le fd, mais qui se révèlent par leurs résultats, on voit les dispositions méfiantes d'Henri P' s'atténuer et se transformer. Il fait promulguer les décisions du concile de 1069 2, favorise la tenue de synodes réformateurs à Vienne, Tours, Avignon et Toulouse ^, et quand, le 28 mai 1069, il fait
1. « Il subsiste de ce décret deux rédactions : celle où les droits de l'empereur sont les plus accentués figure, d'après la Valic. 1984, dans les M. G., Leges, t. II, app., p. 177, et dans Watterigh, t. Il, p. 229 ; l'autre a été conservée par les c&nonlstes du xi* siècle et se trouve dans les collections des conciles. C'est la meilleure. Celle du Vat. 1984 n'est qu'un texte retouché par les partisans de l'antipape Guibert. » (Duchesnë, les Premiers Temps de l'Etat pontifical, p. 399.) Voir une savante confrontation des deux textes dans Hëfele-Leclercq, t. IV, p. iiSgii65. Le résumé des canons du concile se trouve dans l'encyclique par laquelle le pape en a promulgué les décisions (Ma.hsi, XIX, 897), dans la lettre pontificale aux évêques dépendant delà métropole d'Amalfi (Ma.nsi, XIX, 907) et dans une autre lettre adressée aux Eglises de la Gaule, de l'Aquitaine et de la Gascogne (Ma-Nsi, XÏX, 878). Ces trois résumés ne coïncident point parfaitement, le pape choisissant dans les décrets ce qui intéresse plus particulièrement le pays. — On s'est demandé si l'assentiment du peuple, quoique secondairement demandé, était rigoureusement exigé à peine de nullité. Hefele paraît soutenir l'affirmative. On trouvera la négative adoptée et appuyée sur un texte important de S. Pierre Damien dans Ortola.n, au vaoi éleclion des papes, dans le Dict. de théol. de Vaga.nt, t. IV, col. 23 13. — Les cardinaux -évêques étaient alors au nombre de sept, et leurs évêchés étaient ceux d'Ostie, d'Albano, de Porto, de SLlva-Gandida ou Sainte- Rufine, de Sabine, de Préneste ou Palestrina, de Tusculum ou Frascati. Galixte II réunit plus tard Sainte-Rufine à Porto. Ces évéques étaient déjà en relations très étroites avec le pape; ils étaient très souvent appelés à l'aider dans ses fonctions. Le «iécret de Nicolas II augmenta leur importance,