‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 96 sur 336 · Hefele-Leclbrcq, IV · texte numérisé non relu

Hefele-Leclbrcq, IV

L AFFRAîîCHISSEMENT DE L EGLISE

sacrer à Reims et associe au trône son jeune fils Philippe, âgé de sept ans, il lui fait faire, en présence des légats du Saint-Siège et de nombreux évoques, la déclaration suivante : « Moi, Philippe, bientôt, avec le secours de Dieu, roi des Francs, je promets de maintenir, pour chacun de vous et pour les Eglises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques^. »

Il ne faut pas oublier, en effet, que le but dernier des mesures dont nous venons de parler, c'est la réforme de TEglise, dans sa discipline, dans son dogme et dans ses mœurs. Le concile romain de 1069 avait, après le vote de son décret sur l'élection des papes, réorganisé la vie canoniale 2, affirmé de nouveau, contre de nouvelles arguties de Bérenger, le dogme de la présence réelle 3, et porté des sanctions sévères contre l'inconduite et la simonie des clercs *.

Nicolas II, non content de communiquer au monde chrétien les décrets du concile de 1069 P^^ ^^^ encyclique ^, en pressa l'exécution par des lettres adressées aux évêques de la Gaule, de l'A.quitaice, delà Gascogne ^, de la métropole d'Amalfi ''^ et par l'envoi de légats spéciaux dans certaines provinces où la réforme devait être suivie de plus près. C'est ainsi que Pierre Damien, envoyé à Milan, pour y porter remède à la déplorable situation du clergé, groupé autour d'un archevêque simoniaque, Guido, et soutenu par une foule surexcitée, eut à y déployer toutes ses qualités de courage et de sang-froid, tenant tête à l'orage avec une intrépidité incroyable, se portant audevant des plus furieux, les haranguant, et parvenant enfin à faire signer à l'archevêque et aux principaux membres du clergé une déclaration, par laquelle ils s'engageaient à ne plus recevoir de redevances pour la collation des saints ordres et à ne plus tolérer dans le diocèse la présence de clercs d'une inconduite notoire^.

Pendant ce même temps, un autre orage, soulevé en Normandie, était apaisé par la prudence du Saint-Siège. Le duc Guillaume, le futur conquérant de l'Angleterre, excommunié pour avoir épousé, sans dispense de parenté, sa cousine Màthiide. fille de Baudouin V,

I. Historiens des Gaules, t. XI, p. Sa. a. Hbfblb-Lbclercq, t. IV, p. 1172.

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