P. L., t. aUI::, CCI. l'r'-j. 'î r. If . Fni'.r, i
1S2 HISTOIRE GÉNÉRALE RE l'ÉGLISE
Correspon- Un échange de lettres plus graves était celui que Tévêque MiDt Grégoiif de Germanie entretenait avec le pape Grégoire II, le tenant au courant de tous ses travaux, le consultant sur toutes les questions douteuses. Une réponse de Grégoire II, datée du 22 novembre 726, résoud douze cas de conscience ; et rien ne nous fait entrer plus avant dans l'intimité de la vie religieuse, liturgique, familiale et sociale de ces premières chrétientés d'Allemagne '. Moins importante que la correspondance de saint Grégoire le Grand avec saint Augustin, la correspondance de saint Grégoire II avec saint Boniface mérite de lui être comparée. Elle avait le même objet ; elle eut le même résultat : la conversion et la civilisation chrétienne d'ime grande nation.
Saint Grégoire III, qui occupa le siège pontifical, de 731 à 741, et saint Zacharie, qui lui succéda de 741 à 752, continuèrent à aider Boniface de leurs conseils et à le soutenir de leurs Fondation de encouragements. En 732, Grégoire III lui envoyait le pallium
Bonveaux évê- ^^ ^e chargreait de créer de nouveaux diocèses en Germanie '. chés en Ger- ° , . . . ,
œauie Boniface sacra évêques ceux de ses moines qui avaient donné
les meilleures preuves de zèle et d'intelligence dans leur apostolat ; et les sièges de ces évêchés furent si bien distribués, que l'organisation ecclésiastique de l'Allemagne n'a subi, depuis lors, que des modifications de minime importance. « L'É"-lise de l'Allemagne centrale, dit l'historien protestant Hauck, est l'œuvre de saint Boniface ' ».
Au titre de fondateur de l'Église de Germanie, Boniface allait ajouter celui de réformateur de l'église franque. Charles
1. P. h-, Ibid , col. Ô24 526. M. G II . Epist.. I, 275, 277. Ces cas de conscience sont relatifs au.x empêchements do mariage, à l'administration des sncretiients de liapiùme et de confirmation, à la procéilure à suivre dans les cas de (Irnonoiations portées contre un ecclésiastique, au régime des lépreux, k la fréquentation des chrétiens scandaleux, etc. Les réponses du Pape »ont en même temps très fermes el emprcinles dune paternelle condescendance.
2. P. L, t fA'X.VTX, col. .577.078 M G H., Ep., I, 278 La création de nouveaux évèchés na «He roseivéo au Papo que depuis l'an mille (TnoMASsm, Ane. et nouv dhciid., t. (. p. .iTl) <; étaient les mîHropoHlains qui h's érigeaient nuparavaii!.. Ma>< les s-niveniius pontifes s'étaient lonjonrs i-éservé un droit de contrôle ot de juridiction snp"i-unn-! l'I'inMvssn, loc. et , p 311),
'6. Hauce, Kirchmrc.-rhrchls D^ui>lc'nLandi,, 2' »^>Miiin, t. I, p -ioù.
l'église chez les peuples barbares 193
Martel était mort en octobre 741, laissant l'éfirlise Iranqueras- Trigt» étut d« surée contre les pénis extérieurs d une invasion musulmane ou que au miiipu saxonne, mais en proie à des désordres intérieurs lamentables. "^"* »> ci* Les troubles qui suivirent la mort du grand guerrier franc, la lutte qui se livra entre les derniers représentants de la race mérovingienne agonisante et les précurseurs de la race carolingienne qui se précipitaient au pouvoir, les soulèvements de la Bavière et de l'Aquitaine, qui faillirent un moment déchirer la nation franque. aggravèrent l'intensité de la crise. La culture intellectuelle fut forcément abandonnée ou négligée. Un curieux document de ce temps, connu sous le nom d'/«-
diculus supcrst'Uionunx ', et qu'on a pu appeler le Sxillabus des SupersHiiot #
^ , . , • . , r ■ . , . , de» fidèlcu.
erreurs populaires du vu® siècle, nous fait voir combien de
grossières superstitions avaient, grâce à l'ignorance, gagné les âmes des fidèles. Les lettres de saint Boniface nous ont laissé le lugubre tableau des désordres du clergé : « La religion est foulée aux pieds, s'écrie-t-il. Voici plus de quatre-vingts ans. Désordre» .3 u s'il faut en croire les vieillards, que les Francs n'ont plus "^ *
réuni de concile '. Ils n'ont pas d'archevêque métropolitain, La plus grande partie des sièges épiscopaux sont livrés à des laïques cupides, ou à des clercs adultères. Et ceux qui se van- ';
tent de n'avoir pas ces défauts sont souvent des ivrognes, des [.
chasseurs, des soldats, qui répandent le sang des chrétiens comme celui des païens' ». La lettre qui contenait ces lignes était adressée, en 7i2, au Pape Zacharie, qui venait de succéder à Grégoire III. Les deux princes à qxii Charles Martel avait laissé im pouvoir sans titre défini *, mais réel, Carlomaa et Pépin, avaient demandé à Boniface de réorganiser l'église d'Austrasie '. Carloman et Pépin avaient été élevés dans un Saim Brtnjfa.» monastère; Carloman portait en lui une âme profondément re- "^60000 « 1 a^.. ligieuse, qui devait, quatre ans plus tard, le conduire du trône "^ '^'^ p"^i***
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