‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 114 sur 284 · JaijlS n» 2288, P. L., LXXXIX, ccl. «Ji · texte numérisé non relu

JaijlS n» 2288, P. L., LXXXIX, ccl. «Ji

l'éguse chez les peuples barbares 193

grands propriétaires qui les avaient établies ; ce fut ensuite le RéfîlemoBt d« règlL'inent de la contribution du clergé aux charges de l'Etat despareisseil en cas de guerre ou de besoin urgent. L'Etat aurait le *^^n'uri*et

droit, en de telles circonstances, de retenir une portion des Je l'Église à

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revenus des églises, mais seulement à titre de précaires, c'est- r^at.

à-dire à charge de restitution à la mort du bénéficiaire et avec obligation de payer, pendant cette jouissance, une rente récognitive d'un sol d'argent par ménage servile *. C'était prendre des mesures préventives contre l'envahissement des biens ecclésiastiques, dont Charles Martel avait tant abusé, en pr> textant des nécessités financières. On a pu dire de cette décision, prise dans une assemblée mixte d'évêques et de seigneurs laïcs, que c'était le premier des concordats *. Celte Le preiaiar sage libération des biens d'Eglise et par suite de l'Église elle- ^gU. même, par rapport aux grands propriétaires et à l'Etat, était d'une importance capitale. De telles règles bien observées eussent épargné bien des abus au Moyen Age. Quand saint Grégoire VII voudra remédier aux plaies de l'incontin ^ncr des clercs et de la simonie, il ne procédera pas autrement que saint Boniface: il secouera le joug de l'ingérence abusive du pouvoir civil dans l'Eglise. D'ailleurs, l'indépendance que réclamait Boniface n'avait rien qui ressemblât à l'insoumission ou à l'hostilité. Dans la création de nouveaux diocèses et la désigi.ation des titulaires des nouveaux évêchés, il rechercha toujours l'entente préalable avec les puissances séculières, et le pape Zacharie l'approuva d'agir ainsi \

La guerre aux superstitions populaires fut un autre objet des décisions conciliaires. Les actes du concile de Leptines, tenu en 743, sont à peu près entièrement consacrés à combattre ces vaines croyances ; ils en donnent le détail fort curieux. Le péril de ces extravagances rendit Boniface très vigilant à ré-

1. Concilium Oermanioum l, P. L . t. LXXXIX. coL 807, 808. Conailium LfptinensK, Ma53i, t. XII, Col. 371. Leplinea «tait lia domaiae royal, près de Binchp.. dans la circonscription du diof.ts'5 acluel de Cambrai

z. M(CLi.iR, Ili»t. du Moyen Ayt, p. 4'i7. Ce couccn-dal lut approuvé par 1« pape Zactinrie-

3. l'ar exemple dans la fondalioa des évêchés de Strasbourg, Priaingns, Ratialionue et Possau. Cum, consennu Odilonis ducix eoruntdem Bajoiorum, Mtu Oi>ti'iiaium piovinci'M illiun, lui écrit Zacliarie, ti-es aliot ordinasseê €j)i.scopos... bene et prudenter egiiti. M. G. H., Epist., I, 293 (Tbojiassu, Ane. et nouv. dise, I, 3L)5, 306}.

Le prêtre Vir- I^rimer toutes les opinions singulières. Il apprit qu'un prêtre

giie ei laques- ft'orio-ine irlandaise, nommé Virgile, troublait les imaginations

N)n des auli- o tu j .

podeg. en prêchant l'existence, sous la terre, d un autre monde ayant

un autre soleil et une autre lune. Il en écrivit au pape Zacharie qui lui répondit : « S'il est bien établi que Virgile a ainsi parlé, il faut réunir un concile et l'expulser de l'Église... Nous adressons à ce même Virgile des lettres évocatoires, afin que, s'étant présenté devant nous et soumis à une enquête minutieuse, s'il est trouvé coupable d'erreur, il soit condamné aux peines canoniques ' ». On ne voit pas qu'il ait été donné suite à ce procès, soit qu'on ait abandonné l'accusation, soit que Virgile se soit disculpé. Nous savons seulement que Virgile fut élevé plus tard à la dignité d'évêque de Salzbourg et que le pape Grégoire IX le canonisa. Sa fête est fixée au 27 novembre*. Fruits de la L'action de Boniface sur l'église franque porta ses fruits. Ba'iutEfure. On vit bientôt arriver aux grandes charges de l'Eglise et de l'Etat des prélats et des abbés ne ressemblant en rien à ceux qui avaient fréquenté la cour de Charles Martel. Nous devons mentionner parmi eux l'abbé de Saint-Denis, Fulrad, qui joua un rôle politique important dans la substitution de la dynastie carolingienne à celle des Mérovingiens, et l'évoque de Metz, Chrodegang, dont la Règle célèbre, publiée en 755, devail influer si profondément sur l'avenir du clergé de France *.

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