Sidoine Aj-oluhaihb, Ep. VIII, 6, Carm. Vil
3. Chant liié do YEdda, rociioil de la mythologie scanflinavo. TraducUom d'Ampère. Cbatral'dwakd, Etudes historiques, Eluds V'i». .Slli:!, Histoire du Danemark, t. I, p. 8-33.
l'église chez les peuples barbares 213
aiTranchi par Charlemagne, élevé dans l'école du palais, promu au gouvernement de l'important diocèse de Reims, il était traité conme un ami par l'empereur, dont il avait été le compagnon d'études. Il devait, peu d'années après, en 833, se couvrir de honte par son indigne conduite à l'égard de son bienfaiteur. Les résultats de la mission d'Ebbon et de Haligar, qui dura deux ans, de 822 à 824, avaient été équivoques, comme leur mission elle-même. A la fois ambassadeur de l'empereur et missionnaire du Pape, l'apôtre diplomate avait négocié un accord entre Harald et ses rivaux, puis baptisé un certain nombre de grands du royaume. C'était renouveler à la cour de Danemark les insignifiantes cérémonies de la cour des Francs. Le moine de la Nouvelle-Corbie avait une autre ambition. Anschaire était un saint. Son unique désir était de verser son sang pour Jésus-Christ. Le martyre ne lui fut pas Miesiou de accordé, mais aucun genre de persécution ne fut épargné à ^^Jch^ra son âme d'apôtre. « Les austérités de sa pénitence, jointes à ses travaux apostoliques, dit son biographe, lui tinrent lieu, de martyre » '. Accompagné du moine Autbert, qui bientôt, épuisé de fatigue, dut le quitter et revenir mourir à la Nouvelle-Corbie en 830, il s'appliqua surtout à l'évangélisation du peuple, rachetant les esclaves, instruisant les enfants et catéchisant les pauvres. Non content de prêcher la foi au Danemark, il se dirigea vers la Suède. Attaqué par des pirates qui le dépouillèrent de tout ce qu'il emportait, il y arriva dénué de ressources, et, plus pauvre que jamais, gagnant sa vie par des travaux manuels à l'exemple de l'apôtre saint Paul, il prêcha par son exemple plus que par sa parole les vertus chrétiennes aux Suédois, Sacré en 834 archevêque de Hambourg et nommé légat du Pape pour toute la région du nord, il commençait à bâtir des églises, ouvrir des écoles et constituer une bibliothèque, quand, en 837, des pirates envahirent la ville et l'incendièrent. La jeune chrétienté de Suède fut dispef^ée. Anschaire dut errer désormais de Suède en Danemark, de Janemark en Suède, jusqu'au jour où le Pape lui confia le gouvernement de l'église de Brème. Celui qu'on a appelé
1. Histoire littéraire de la Franae, V, 282. Vita sancti Anscharii. M. G. H., Scrtjptor«j U, 6S3 et 3. P. L., CXVIII, 1008.
« l'apôtre des peuples du nord », veilla jusqu'à la fin de sa vie sur toutes les missions de la région septentrionale. Il s'appliqua surtout à former des prêtres capables de continuer son œuvre. Mais une activité de trente-quatre ans dans les plus pénibles travaux avait usé sa constitution, d'ailleurs très faible. Il mourut à Brème, le 3 ou le 4 février 865, âgé de 64 ans. « Sa mémoire, dit l'historien du Danemark C. F. Allen, doit être sacrée pour les Danois ; car peu de nations ont eu la faveur d'être évangélisées par un apôtre si doux et si austère à la fois, si plein de dévouement et de bonté évangéliques *. »
Par l'apostolat de saint Anschaire l'Église avait atteint les plus redoutables de tous les barbares de race germanique, le peuple chez lequel les autres avaient si longtemps cherché l'inspiration de leur résistance, et peut-être le sol d'où toutes les races indo-européennes étaient issues *.
Pendant ce temps une autre famille de peuples, en contact avec l'empire de Charlemagne, venait d'être évangéîisée, la famille des peuples slaves '. Mais avant d'aborder le récit de cette évangélisation, il nous faut, jetant un regard en arrière, nous demander ce qu'était devenue une branche de la race germanique que nous avons dû, pour l'ordre du récit, passer jusque ici sous silence, la race gothique.
1. c. F. lujui, Histafre du Danemark, trad. Beaavais, t. I, p. 60; L. B»a, Les premiers temps du christianisme en Suède, dans la Bévue d'Hitt. eccles. du 13 janvier 1911, t. XII, p. 17-37.
2. Ce serait la conclusion des ethnographes les plus récents. Voir Hkrkai, Uist. Die /ndogermanen. G. M. Boluhg, The Home of the Indo Luropemu dans The Catholic L'niversity Bulletin, avril 1907, p. 211 et s. et Dom Cabboi dans Beime des quest. hisl. dn 1" janvier 1903, p. 277.
8, Le roi bulgare B;)ris osl baptisé en 864, un an avant la mort de saiat An». •hoire.