‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 124 sur 284 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l'église et les peltles àpiens

An moment où dans les glaces du Nord les derniers groupe» de la race teutonique se convertissaient à l'Église, prêts à former une grande et puissante nation, les derniers débris de la race gothique, minés par l'hérésie arienne, achevaient de disparaître sur les bords de l'Adriatique et de la Méditerranée.

On les rencontrait en Italie, en Gaule et en Espagne.

Trois peuples de race gothique et de religion arienne s'étaient -^ ^^j, gponp»»

succédés en Italie depuis la chute de l'empire romain, les <^,^. ''*°^ goihi-

'■ ^ ' thique:en ita-

Hérules, les Ostrogoths et les Lombards. lie, en Gaule

Odoacre, roi des Hérules, semblait tout indiqué pour „ .

' . ' , . ,. Premier grou-

prendre en Italie la place laissée Agaçante par l'empire qu'il ve- pe : les Goth». nait de renverser. Il n'en fut rien. On eut dit que tout le rôle providentiel de ce géant inculte et audacieux avait été de ^eg Hérula». donner au grand édifice impérial le petit choc qui devait amener sa ruine définitive. Le rovaume des Hérules dura peu. Les troupes de Turcilinges, de Rugiens et de Scires, mêlés aux Romains, qui formaient l'armée d'Odoacre, ne constituaient pas un corps homogène. Ces barbares, prématurément mêlés à une civilisation raffinée, dont ils adoptèrent plus facilement les vices que les qualités, furent bientôt plus dégénérés que les Romains de la décadence. Un autre peuple barbare devait leur porter le coup de grâce. Ce furent les

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es Optro- Ostroj^oths. Ceux-ci se trouvaient à l'étroit en Pannonie, ou ils s'étaient établis au moment de la chute de l'empire des Huns (454). Ils avaient pour chef, depuis 474, im homme re- Théodorie. niarquable, Théodoric, qui avait été élevé à la cour de Zenon à Gonstantinople et qui y avait embrassé larianisme, Théodoric demanda à l'empereur l'autorisation de s'établir en Italie et iouaiipariti. n d'en chasser Odoacre. Il trouvait dans cette entreprise en même ea a le. temps que le moyen d'éteiidre sa domination, l'occasion de venger une injure faite par le roi des Hérules à son parent Frédéric, fils du roi des Rugiens. Zenon, heureux de pouvoir faire à peu de frais un acte de souveraineté sur l'Italie, accorda facilement la permission demandée, et toute la nation des Ostrogoths, les guerriers emmenant dans des chariots leurs familles, se mit en marche à travers le pays des Gépides et les S,i lutte contre Alpes juliennes. Odoacre leur opposa une résistance acharnée, les Hérules. ^p^^^g quatre années de luttes, de 489 à 493, un traité fut signé, qui laissait à Théodoric ses conquêtes et maintenait le Sa victoire, titre de roi à Odoacre. Mais peu de temps après, Théodoric, acre. ' ayant invité le roi des Hérules à un festin, le tua de sa propre main.

A partir de ce moment, on n'entend plus parler du royaume des Hérules. Ils se dispersent et se fondent dans les autres peuples. Il n'existent plus comme nation.

L'Eglise n'eut pas trop à regretter Odoacre. Malgré des protestations de bienveillance et des témoignages de réelle bonne volonté, il avait synthétisé en sa personne les défauts du barbare mal dégrossi et ceux du Romain dégénéré.

L'Eglise espéra davantage du peuple qui venait de triom- Caracière du pher et surtout de son roi Théodoric. La période de domination Se"ïiiéo(jorïc. ^^^ Ostrogoths marque, en elTet, dans l'histoire de l'Italie, une époque de civilisation brillante. Peut-être cet éclat est-il dû moins au génie de Théodoric qu'à son habileté à employer les hommes de talent qui gouvernèrent sous son autorité suprême. Les actes de brutalité sauvage qui ensanglantèrent les débuts et la fin de son règne semblent justifier cette conjecture. Les grandes réformes seraient le fait du principal ministre de Théodoric, le Romain Cassiodorc. Le roi des Ostrogoths paraît avoir été avant tout un homme de gouvernenxent. Ce barbare, cet arien eut le grand sens de respecter les deux

institutions qui lui apparurent comme la meilleure garantie de îl/^aTel h.sii-

l'ordre social, la législation romaine et l'Eglise catholique, intidiiaromai-

LEdictum r/ieo(fonct est entièrement emprunté au droit romain, ëaiiiolique.

Quant à l'Église, il ne se contenta pas de lui laisser la liberté,

il la protégea maintes fois contre la violence et contre le

scliisme. 11 se prononça pour le pape Symmaque contre son

compétiteur l'antipape Laurent ; en 502, il favorisa la réunion . .

*■ . ^ r> • r» T j • Grands hom-

du concile qui vengea le Souverain Ponlile des accusations por- mes qui ûeu-

tées contre lui. Son règne vit fleurir saint Benoît de Nursie, [èguedeTUéo. saint Ennodius de Pavie, Denysle Petit, Cassiodore et Boèce. doric-

Nous avons parlé du fondateur des moiaes d'Occident. Ennodius, évêque de Pavie, à ne considérer que ses œuvres j'j^g dePayie, littéraires, est un rhéteur, le plus cultivé des rhéteurs, dont la prose, farcie de citations de Salluste et de Cicéron, « est souvent tourmentée jusqu'à en être inintelligible * » ; mais qu'une émotion vraie le saisisse, on retrouvera, sous le vain rhéteur, l'homme, le chrétien etl'évêque. Il aura, pour défendre le pape Symmaque, des accents d'une indignation pleine de noblesse, et, persécuté pour son dévouement au Saint-Siège lors de sa seconde ambassade à Constantinople, il supporteia les injures et les mépris avec la patience héroïque d'un vrai ministre de Jésus-Christ '.

Le moine Denys, qui se donna lui-même, par humilité, le '^^"ys ^" ^''"'' surnom de Petit, Diomjsius Exiguus, est célèbre par l'introduction de l'ère chrétienne *. On lui doit aussi les premières collections de documents conciliaires. Le recueil s'ouvre par les fameux Canons des Apôtres, qui, insérés plus tard par Gralien dans son Decretum, eurent au Moyen Age la valeur de documents vraiment apostoliques. On s'accorde aujourd'hui à reconnaître qu'ils furent composés au v* siècle, vraisemblablement en Syrie ou en Palestine. Denys les avait trouvés en Orient, et, chose curieuse, il déclare douter de leur authenticité *. Mais leur place d'honneur dans la collection les avait fait accepter sans contrôle,

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