G. RoiriBiBa, La fia du piganifme, I, 251 et s
2. Voir ses œuvres, dans les Monum. Germ hist., Auct. antiquiss., t. Vil. Miane a reproduit lédition du P. SirmonJ, P L., t. LXIII, col. 13-364.
3. On sait qu il ho tro>T!pe de plusieurs annéoa, en faisant naître le S aveur eu l'an dr; Kor.io 7j4. Jéius naquit au moius cinq ans plus tôt.
i. Ukmi, 1, 59 et s.
CiMiodore. Cassiodore, issu d'une illustre famille de Calabre, successivement questeur, secrétaire particulier du roi, préfet du prétoire et consul, fut l'âme du gouvernement de Tliéodoric. C'est à lui principalement qu'on doit rapporter le mérite du développement donné, sous le régime du roi Ostrogoth, à la civilisation générale. Les études ecclésiastiques et la vie chrétienne ne lui sont pas moins redevable-. Vers 540, âgé d'environ soixante ans, il se retira dans son domaine de Vivarium en Calabre, pour y vivre dans la solitude, l'étude et la prière, au milieu de moines qu'il avait attirés auprès de lui.
lufluencfl d« Peut-être fit-il lui-même profession de vie monastique. En
Cassiodore sur xi.i'"ri j ji ij'i a
l'iastituliou tout cas 1 mtluence de ce grand homme sur le développement
■aonastique. j^ l'institution monastique fut considérable. C'est lui qui le premier a conçu le monastère comme un foyer d'études en même temps qu'un asile pour la vie intérieure. Dans son passage aux alTaires, Cassiodore avait formé, de concert avec le pape Agapit, le projet de fonder une école supérieure des
Son plan de sciences chrétiennes '. Les circonstances ne lui ayant pas rénovation des • i » t j • -i i x 1' i
éludes chcé- permis de réaliser ce dessein, il voulut y suppléer en quelque
tiennes. sorte par l'organisation des études dans son monastère de Vivarium. Le programme s'en trouve tracé dans son célèbre ouvrage, Institutiones divinarum et sœcularium lectionum^ véritable Introduction à l'étude des sciences sacrées et profanes, qui devint, pour les écoles du Moyen Age, le guide des études supérieures.
Une de ses innovations les plus originales et les mieux adaptées aux besoins de ce temps, fut la formation d'écrivains Les copistes ou spécialement adonnés à la transcription des livres anciens. Ils •nttquarti. formaient une catégorie à part dans cette sorte d'académie monastique ; ils reçurent de Cassiooore leur règlement et leur méthode technique. Pour lui, de tous les travaux manuels, celuici est le plus noble, le plus utile ; il y voit quelque chose de sacré. « Satan, s'écrie-t-il, reçoit autant de blessures que l'écrivain transcrit de paroles du Seigneur '. »
1. Nisus snm ergo cum beatissitno Agapito papa urbis Rnntii, ut... ooliatù exp'insis iii U'>'^>e roniana proffsxos doctords svholar )<o(ius acciperent Christian^ {/vstitutiones. l'nefalio) P. L.. t. LXX, col 110ô-liÛ6.
2. Tôt vulnera Sa'anas accipit, quoi axtiqaarius Liomini vcrba deserikiU Inslit., l I, c. XXX. P. L., t. L3LX, col. 1145.
Moins puissant par le génie, mais plus illustre par l'infortune, Boèc*. fut un autre haut fonctionnaire de l'état de Théodoric, Boèce. Son livre, De la consolation de la philosophie^ fut le livre de chevet de plus d'un docteur et de plus d'un saint du Moyen Age. Alfred le Grand traduisit en anglo-saxon et saint Thomas d'Aquin commenta ce fier et mélancolique testament d'un philosophe, qm, réservant pour l'intimité du cœur à cœur avec Dieu les pensées de la foi ', cherche, devant les hommes, à trouver dans sa seule conscience d'homme, la force de rester calme et ferme devant la mort. Dante qui, comme tous Influence de»
^ ' écrite de Boèce
ses contemporains lettrés, s était nourri de la Consolation de au Moyen Age la philosophie^ s'imagine voir, dans le Paradis, parmi les plus hauts représentants de la pensée humaine, entre saint Ambroise et le Vénérable Bède, un globe de pure lumière,
Où tressaille d'amour, vojant le bien céleste^ L'àme sainte, qui sait rendre si manifeste La fausseté du monde à qui veut l'écouter I
Le corps, dont elle fut cruellement chassée,
A Cieldauro repose, et l'àme trépassée.
Dû l'exil, du martyre a monté vers la paix '
Le poète fait ici allusion à la fin tragique de Boèce, odieu- sa mort, sèment mis à mort par Théodoric. Un incident avait suffi pour Théodoric deréveiller et pour déchaîner les instincts les plus cruels dans "-'eut peraécucette âme de barbare. L'empereur Justin, par une de ces mesures excessives dont le pouvoir civil est coutumier quand il s ingère sans mission dans les questions religieuses, avait privé de leurs églises et de l'exercice de leurs droits civils ses sujets ariens. Irrité d'une pareille mesure prise contre ses Sa condolt* coreligionnaires, effrayé peut-être aussi de voir un grand BaiaWtMà^î»* nombre de ses propres sujets se convertir au catholicisme, Théodoric devient tout à coup persécuteur. Il use de représailles avec fureur. Il sonune le pape Jean 1" de se rendre à
1. Depuis la pnblication par Usener, eo 1877, d"un fragment de Cassiodoi* et 11 est lait r-.ention expresse d«B écrits thfin]i}p<i\iw de Doêce, lo christianisme fie Ho-î-ce ne p'-ut plua être conleslé. Cf. lîAUUEfiiiiwjea, Let Père» de rScliie, 111. 161.
z. DàKiÈ, Paraii», chant V. Tmd. Ratisboune.
220 HISTOIRE GÉNÉIU.LE DE l'ÉGLISE
Coastantinople et d'y obtenir de Justin la rétractation de son édit et le retour à l'arianisme des ariens récemment convertis. Le saint Pontife ne refusa pas de se faire messager de conci liation et de paix. Ce fut la première fois qu'un Pape entre dans Constantinople. Il y fut reçu avec une magnificence sans égale, et obtint sans peine la restitution des églises ariennes à leurs propriétaires et la réintégration des ariens dans l'exercice de leurs droits de citoyens. Quant à demander leur retour à l'hérésie, le Pontife ne pouvait y songer •. Furieux de l'échec partiel de cette mission, blessé des honneurs ren dus au Pape par l'empereur d'Orient, Théodoric s'exaspère. Exécution de Dans un accès de frénésie, il fait mettre à mort Boèce et le s'min *'' ^^ vieux sénateur Symmaque, beau-père de Boèce, qu'il accuse de trahison. Il guette le retour du pape Jean, le fait arrêter à MHrtvrft (5a Ravenne et jeter en prison. Le Pontife, exténué par les tortures aaïui jaixa • . jj^Qj-^igg gj physiques, ne tarde pas à rendre l'âme dans son cachot, martyr de son devoir. Sur sa tombe, où des guérisons miraculeuses ne tardèrent pas à témoigner de sa sainteté, les chrétiens gravèrent ces vers : « Pontife du Seigneur, tu tombes victime du Christ ; c'est ainsi que les Papes plaisent à Dieu. »
Anlisles Domiiii procumbis viclima Christi ; Pontijîces sammo sic placuereDeo^.
Le saint Pontife était mort le 18 mai 526. Après avoir pesé
de tout son pouvoir pour faire élire le candidat de son choix,
Félix *, et publié un édit de persécution, le roi Théodoric
rendit le dernier soupir le 30 août 526, sans avoir eu le temps
d'appliquer son édit.
„ . , Pendant les dernières années de sa vie, Théodoric s'était
Causes de la , , ' , ,
chute du aliéné les deux grands pouvoiis avec lesquels il fallait comp- Ostrogoihs. ter : l'EgUse catholique par la p«3rsécution du pape Jean, le