KoaiH, Histoire poétique des Mérovingiens, p
5. MoBLLKR, tliHt. (lu .hûijen Age, p. 3U8. Sur l'architecture lombarde, voir fiïvûiuA, Le Oritjini délia architcttura loinbarda, 2 vol. ia-i, Romii, l'JUJ-li^7.
l'église chez les peuples barbares 227
Le peuple lombard se survécut aussi dans sa législation. Les monii- UÉdit Royal de Rotharis, promulgué en assemblée nationale laiir» du pe-t. dans le courant de l'année 683, en 388 articles \ se distingue ^l'EdiTr^ni' des autres lois barbares par des particularités remarquables, de Rotharis. Il les dépasse toutes par son étendue et par la complexité de ses dispositions. Il embrasse non seulement le droit public et le droit criminel, mais encore le droit privé qui, dans l'Edit de Théodoric, n'existait pas pour ainsi dire, chacun devant être jugé suivant les lois de son propre pays. Aucune loi de cette époque n'est empreinte d'un caractère plus foncièrement germanique '. La loi nationale des Lombards a survécu à la plupart des autres législations nationales. Complétée et amendée par les successeurs de Rotharis et par les souverains carolingiens, elle se perpétua bien avant dans le Moyen Age. Grâce à sa merveilleuse adaptation au peuple pour lequel elle Son influf^nr» avcdt été faite, elle garda longtemps, à côté de la législation *" ^^** ^'* romaine et de la législation canonique, son caractère propre. Interprétée par les jurisconsultes, elle entretint en Italie une activité juridique ', qui valut aux écoles italiennes, lors de la renaissance du droit romain, un rang distingué parmi les autres écoles de l'Europe. Ce fut là, semble-t-il, son principal rôle car le droit romain, tel que l'avait promulgué l'empereur Justinien, ne cessa jamais d'exercer en Italie une influence prépondérante. Les ecclésiastiques le suivaient et Je réclamaient comme leur droit, subsidiairement aux règles caDoniques. En 887, Léon IV, écrivant à l'empereur Lothaire I^, se félicitait de ce que la loi romaine était jusqu'à ce moment « restée à l'abri des tempêtes universelles » et demandait qu'elle persistât « à être maintenue dans sa force et dans sa vigueur ^ ».
1. PiRTiLi, Storta del diritto ttaliano, t. I, p. 131, note 10 (2« édition, 1896). U. G. U Uges, tome IV.
2. Il ne faudrait cependant pas exagérer ce caractère. On a relevé dans cet Édit de Rotharis des traces de droit romain Voir : Del Giddicb, Lt tracce del diritVt romano nelle leggi longoba'di. liendiconti del Inst. Inmb. 1886.
3 Au x« siècle, alors que les études juridiques semblent délaissées partout, on étudie encore la loi loiubanle. Les moines du couvent de la Cava, près de Salerne, ont publié, en 1871, un manuscrit du x" siècle contenant les loii lombardes, ^âonum. Germ. Ilist. codex diplvm. cavensis. U se trouver produit dans les /.eges, IV, 31. Putiu, Sloria del diriuo italiano. Torino, 1896, 2» édit., t. I, p. 133-139.
4. Veitram ftaoilamu* olementiam, ut, sicut romana lex viguit absqut univertis procellis, ita nuno suurn robur propriumque vigorem ohiimat. Corp. Jur. can., Décret. 1» pars, dut. 10, cap. 13. Léo IV Lothario Augusto,
228 HISTOIRE GÉNÉftALE DE l'ÈGLISE
Ainsi peu à peu, en même temps que les races se mêlaient, les institutions les plus fortes et les législations les plus autonomes se fondaient, chez les peuples gothiques, dans l'unité de l'Eglise et des traditions romaines.
Modifications -[jjj i.(^sultat plus persistant et bien plus ffrave de la dominpporteeâ par ^ "^ . .
riuvnsioo lom- nation lombarde fut la profonde modification qu'elle avait
graphie poliîi- apportée dans la géographie politique de l'Italie et dans sa que de 1 Italie. g-j.yg^{^jQj^ sociale. Désormais on distingua dans la péninsule deux régions : l'Italie lombarde qui occupait le nord et le centre, et l'Italie byzantine qui comprenait le littoral et quelques villes du centre dont la principale était la ville de Rome. De plus, dans l'Italie lombarde comme dans l'Italie byzantine, la nécessité de la défense contre les barbares et l'ambition des fonctionnaires impériaux avait fait surgir une féodalité nouvelle, puissante et agitée. Nulle part plus qu'à Rome, enclave byzantine au milieu de l'Italie lombarde, ne se firent sentir les difficultés inhérentes à cette situation : impuissance radicale du pouvoir impérial à maintenir l'ordre, rivalités incessantes des familles seigneuriales, conflit perpétuel de l'aristocratie militaire et de l'aristocratie ecclésiastique. Rome soulîrira longtemps de ce malaise intérieur. La puissante épée de Gharlemagne y mettra fin pour un temps, mais les troubles renaîtront avec une violence extrême au x' siècle sous l'influence néfaste de la maison de Théophylacte, au XIV® siècle par l'agitation de tribuns tels que Rienzi. Il faudra, pour l'en délivrer tout à fait, l'établissement d'un pouvoir temporel très puissant et très solide. Les Papes et les princes chrétiens y pourvoiront.
Quand les armes des rois de France abattirent la puissance des Lombards, les royaumes brillants et éphémères des Burgondes et des Visigoths avaient depviis longtemps disparu du sol de la Gaule, mais ils se survivaient, eux aussi, par leurs , rands hommes et par leurs législations.
p^-Hiième Les Visigoths et les Burgondes, de race gothique et de regroupe ; les ijo^Qjj arienne comme les Hérules, les Ostrogoths et les Lbm-
l'église chez les PEIPLES BARBAUES 229
bards, eurent ceci de particulier, qu'ils ne s'introduisirent point ** câule! de force dans les régions qu'ils devaient occuper ; ils j furent appelés par le pouvoir impérial lui-même '.
Au début du V® siècle, les habitants de Rome, h trois reprises ''*' Visigolhi. diiïérentes pour le moins, en 40G, en 408 et en 409, avaient vu passer une cohue de barbares pillards, de haute taille, des septipecJps, des hommes de sept pieds, comme les appelle Sidoine Apollinaire, qui jetèrent l'épouvante parmi eux. C'était les Visigoths. conduits par leur roi Alaric I". 11 paraît démontré qu'ils avaient été appelés en Italie, d'abord par Stilicon, premier ministre d'Honorius empereur d'Occident, pour combattre Arcadius, puis par Rufin, premier ministre d'Arcadius empereur d'Orient, pour se défenilre contre les troupes d'Honorius. Ces barbares, qui touchaient de l'argent des deux côtés, rêvèrent dès lors de prendre pour eux cet empire que les deux frères se disputaient. En 414, le successeur d'Alaric, Ataulf, revêtu des insignes de maître de la milice, paraît avoir eu l'idée de se fixer à Rome. Mais il reçut de l'empereur une nou- Appelés par velle mission, celle d'aller combattre, au nom de l'empire, les ?P ^i"?R^|^*^"'^i barbares qui menaçaient les provinces romaines de Gaule et dans le sud da d'Espagne. Il s'y rendit, chassa les barbares, et s'établit fortement pour son propre compte entre le Rhône, la Garonne et les Pyrénées. Sa capitale fut Toulouse. Les Visigoths furent un peuple sans cesse agité. Jusqu'au moment où Clovis les rejeta au-delà des Pyrénées, ils demeurèrent dans la Gaule méridionale une cause de troubles. Les empereurs utilisèrent ce besoin d'action. Ils les employèrent soit à combattre les Huns et les Vandales, soit à réprimer les révoltes dans l'empire. Le plus grand des rois visigoths fut Euric. Sous son règne, le royaume des Visigoths, qui s'étendait en Gaule et en Espagne, atteignit l'apogée de sa puissance. « Euric, dit un historien, eût peut-être assuré aux Visigoths l'empire de la Gaule, s'il eût gagné l'Eglise à sa cause *. » Euric fut en ellct un persécuteur de l'Eglise. Parvenu au
l. Avant lappel des empereurs, les Visipofhs avalent d<<jà pénétré ea Gaul<\ Dnprès M Fualel de CouluiiReR. celle pénrUration avait été r'>cinqvio et pre;<que insi-nsible [liist. fies hisi.ii., I .347-3-)!) Julien Mavel ponst qD'flle •voit eu un cara 1ère guerrier et conquéraat Rev. hhi., IV, fe partie n HH
Z (.?. JwcT. ditiiB IJJitt. d' Fr. d* LATjgsa, t II, I""* partie, p 83.
e oi Eurie.
trône par un fratricide, il gouverna avec intelligence et suite dans les idées, mais il se déshonora par la déloyauté, la B persécute trahison et le meurtre. Il fut surtout sectaire. « Euric, roi des **«••• Goths, dit saint Grégoire de Tours, fît peser dans les Gaules une cruelle persécution sur les chrétiens. 11 ordonnait de décapiter tous ceux qui ne voulaient pas se soumettre à sa per-
Témoignapes verse hérésie et jetait les prêtres dans des cachots. 11 avait de saiQl Gré- , r j c j '• l'i-j^i* r
goire de Tours ordonné de lermer avec des epmes 1 entrée des églises, atin
ei de gaiut Si- ^^g l'absence du culte divin fît tomber la foi en oubli : la No- ■0106 Apolh- ^
naire. vempopulanie et les deux Aquitaines furent surtout en proie à ces ravages. 11 existe encore aujourd'hui à ce sujet une lettre V du noble Sidoine à l'évêque Basile, dans laquelle ces détails sont consignés \ » Dans la lettre dont Grégoire de Tours fait mention, Sidoine Apollinaire dit qu'on eût pu prendre Euric pour un chef de secte plutôt que pour un chef de peuple '. Euric, se rendant compte de l'inefficacité des mesures sanglantes, imagina dans la suite un procédé plus perfide, la désorganisation et l'extinction graduelle du clergé. Il défendit de pourvoir à la vacance des sièges. Il multiplia les obstacles au recrutement des clercs. Le culte dut être interrompu en plu- L» persécution sieurs endroits. Euric mourut en 48 i. Son fils Alaric 11 et ses Mutinue eous successeurs ne poursuivirent pas l'exécution de ses mesures
»8?IICCCS8eUl6 . ^ . ^ . . , .
ë'Euric. tyranniques. Mais le royaume était aux mains des ariens, enhardis par la protection que leur avait accordée le règne précédent. On voyait, çà et là, dans les villes, une poignée d hérétiques opprimer les catholiques fidèles. Ce fut l'ère des persécutions locales. 11 est raconté dans la vie de saint Césaire que, sous prétexte de chasser le sanglier, les Visigoths sectaires ravageaient les terres des couvents, s'installaient chez les paysans des monastères et les employaient à leurs chasses, mettaient le trouble dans les communautés monastiques. L'évêque d'Arles, en présence de la mauvaise volonté du pouvoir, essaya en vain de se faire protéger par les Romains. Il s'adressa alors à Dieu par la prière. Les sangliers disparurent des terres monastiques, comme par miracle *. Ce fut une accalmie relative, dont le saint bénit Dieu.
1. GnÉo Dr ToiîHS, Hist. des Francs, 1. II, ch. xxv. Trod. Guizot, tome I, p. 93 94.