G. Kdrtu, CloKix, p. 4i
4. E3aci:i. Hi'toire du droit français, p. 'j6. — IIluhmi, au C» volume des Leges, dans les M. G. il.
232 HISTOIFE GÉNÉRALE DE l'ÉGUSE
bares • ». On n'y rencontre pas de trace du duel judiciaire. On peut conjecturer que l'influence religieuse s'est exercée sur la législation d'Euric lui-même. A cette époque, comme on l'a dit justement, « il n'était en Gaule qu'un pouvoir vraiment fort, c'était l'épiscopat ' ». Quand l'Eglise constitue de fait, dans un Etat, une force sotiale, un politique comme Euric en tient compte ; quand l'esprit chrétien est dans l'atmosphère ambiante, les persécuteurs eux-mêmes s'en pénètrent.
Or, l'esprit chrétien avait déjà, dans la Gaule méridionale, un foyer puissant, grâce au grand évêque que l'on a juste- Sain» Césaire ment appelé « le précepteur de l'Eglise franque '», saint Césaire d'Arles, a Césaire, dit M. Paul Lejay, est un de ceux qui ont donné à l'Eglise mérovingienne une doctrine, \ine prédication, une discipline et une culture * ». Non point que l'évêque d'Arles soit un théologien de grande envergure. Sa doctrine est celle de saint Augustin, son maître. Il s'y tient SLvec une fidélité scrupuleuse, presque obstinée. Il aime à la condenser en maximes claires, brèves et didactiquement dis- Cnra' !^ -f» (le posées. Mais il tempère la rigueur des formules par un sens rare de la vie pratique. Saint Césaire est un catéchiste. La qualification qui lui conviendrait le mieux serait peut-être celle de catéchiste de l'Eglise des temps mérovingiens. Du catéchiste, rompu au labeur de l'éducation religieuse des masses populaires, il a le langage simple, familier, la définition facile à retenir ; il en a aussi le sens de la vie réelle. Nous avons de lui plusieurs documents qui ont la teneur d'un symbole de foi, et Dom Germain Morin a fait valoir les raisons sérieuses qui porteraient à lui attribuer la rédaction du Symbole dit de saint Athanase ^ Il aurait été alors le catéchiste de l'Eglise universelle. Ses sermons d'ailleurs, pris par les tachygraphes au moment où il les prononçait, étaient