‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 15 sur 284 · Saint Guiâuittti lb Guahd, Dialogues, \. I , ob. lU · texte numérisé non relu

Saint Guiâuittti lb Guahd, Dialogues, \. I , ob. lU

l'église dans son centre iS

que par la beauté pittoresque et sauvage de ce coin de terre vénéré.

Quand une âme pleine de Dieu cherche à fuir le monde il arrive souvent que d'autres âmes viennent à elle, attirées par des vertus d'autant plus rayonnantes qu'elles sont plus intérieures. Les stylites d'Orient avaient ati accourir au pied de leurs rochers des pèlerins, parfois des plus illustres de ce monde, qui venaient s'édifier à la vue de leurs austérités ou leur demander une règle de conduite. Ce furent de pauvres pâtres qui subirent les premiers l'ascendant de Benoît. « La première fois qu'ils aperçurent, à travers les buissons, le pauvre anachorète vêtu de peaux, raconte saint Grégoire le Grand, ils le prirent pour une bête sauvage ; mais lorsqu'ils connurent ensuite le serviteur de Dieu, beaucoup perdirent les instincts de la bête pour mener une vie sainte '. » Quelques-uns finirent par se mettre sous sa direction. Peu de temps après, ce fut un Goth, qui demanda à se joindre au pieux solitaire *. Barbares et latins se mêlèrent sous la conduite du saint patriarche. 11 dut bientôt fonder, autour de sa grotte, douze monastères de douze moines chacun. De nobles Romains lui confièrent leurs enfants. « Equitius lui amena son fils Maur et le patrice TertuUius son fils Placide ' ». Maur devait établir le monachisme bénédictin en France et Placide en Italie.

Mais le chant des louanges divines ne retentit pas longtemps auprès de la villa néronienne et de l'antique Tibur. L'esprit du mal, qui ne cessa de poursuivre le serviteur de Dieu, suscita contre lui le prêtre Florentins, lequel répandit contre la communauté naissante tant de calomnies, que saint Benoît jugea à propos d'abandonner ces lieux.

Il se transporta sur le penchant de la magnifique montagne l« Montqxii domine la petite cité de Castrum Cassinum et d'oii la vue Cissio. s'étend sur cette riche plaine de Campanie, que les Italiens appellent aujourd'hui Terra di Lavoro. Le vieux paganisme, qui n'avaitplus dans l'empire romain d'existence légale, avait trouvé là un refuge secret. Dans l'enceinte d'une vieille station pclas-

i. S. Grég.. Dial., 1. II. ch. i.

2. Alio qunque lempore Golhus quidam paitper spiritu ad conversionem venit. Dial., 1. II, cLi. ti. Convenio dé.'igne l'entrée dans la vio moneM» tique.

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