‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 16 sur 284 · Dial., 1. II, ch. m · texte numérisé non relu

Dial., 1. II, ch. m

gique, dont les murailles cyclopéennes, faites de grands blocs de rochers grossièrement taillés et jetés les uns sur les autres, formaient comme une forteresse de géants, le cultfc d'Apollon Pitosyrus, dieu du soleil, était célébré par des paysans fanatiques, et tout autour, dit saint Grégoire, « se trouvaient des bois consacrés aux démons '. »

Le saint fut-il attiré par la majestueuse beauté du site, par le désir de purifier un des derniers asiles du paganisme expirant, ou par quelque voix mystérieuse en laquelle il reconnut l'appel divin? Tout ce que nous savons par son biographe, c'est « qu'aussitôt arrivé, il brisa l'idole. 11 renversa ensuite l'autel et brûla les bois sacrés. 11 dédia un oratoire à l'endroit même où était l'autel du dieu, et il se mit à prêcher la foi avec ardeur et persévérance au peuple des environs » *. Mais, ajoute saint Grégoire, « le saint homme, en changeant de lieu ne changea pas d'ennemi, et ses combats furent d'autant plus rudes qu'il eut pour adversaire le Maître du mal en personne' »,

C'est là, sur ces hauteurs sereines et sur les ruines du temple La Règle bé- du faux dieu de la lumière, que Benoît rédigea la Règle adnédiotîae mirnble qui devait régir, à peu près seule, jusqu'au xin® siècle, la vie monastique en Occident, Le saint n'eut ni la volonté, ni la conscience de travailler à une œuvre nouvelle. 11 se réclame à chaque instant de saint Basile, qu'il appelle son père ; il emprunte à Cassien ses maximes ; il invoque les règles qui sont en usage dans les bons monastères de son temps. Et, de fait, la vie monastique florissait, même dans la partie occidentale de l'empire, avant saint Benoît. Saint Martin à Ligugé, saint Honorât à Lérins, Cassien à Marseille venaient d'en offrir de grands exemples. Et cependant c'est bien saint Benoît qui doit être regardé comme le père des moines occidentaux et son œuvre doit être considérée comme ime création.

Saint Basile et Cassien avaient donné surtout des maximes générales, des vues lumineuses émanées de l'âme des saints, des aphorismes où se résimiaient de longues expériences. C'est un véritable code de lois que rédigea saint Benoît. Avant

1. Dîal., 1. II, ch. Tlli, Vbi vetustissimum fanuni fuit, tn quo, cm antiqiiorum more gentilium, a stulto rusticorum populo Apollo colebatur. Circumquaque eti"Tn in cultu dœmonum luci succreverunt

2 Dial , ï. II, ch. Tiii,

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