‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 154 sur 284 · Léon DiACBH. Hist., \. IX, P. G., CXVII · texte numérisé non relu

Léon DiACBH. Hist., \. IX, P. G., CXVII

2. L'opinion de Bosauet, faisant descendre l'hérésie des Albigeois du manichéisme par les Bulgares, bien que conteste* pnr M. Rébilliau iBossuet historien du protestaniisme, p. 475), est maintenant admise par la oritiqa*. V. Bulletin critique, 1895, p. 109 Les mots Bulgari, Bulgri, Bulgres commencent dès lors à être employés pour indiquer les hétérodoxes. S. Louis recommande i^ son fils de se méfier des mauvais Boulgres.

a En ISiiO, un mouvement de retour à 1 Eglise s'est manifesté dans la Bulgarie Ou y compterait actuellement plus de 60 000 catholiques (P. Mich», L'Orient et Borne, p 22t. Mais le vice national, la subordination de la religion 4 la politique, y persiste plus que jamais. Voir le discours prononcé le 2 15 mai 1907, à l'occasion du millénaire de la mort du roi Boris par .M Apostdof, ministre de rinstrurtion publique. Echos d'0>ieiU, 1907, i. X p. 249 et •. Cf. Eehos d'Orient, IX, p. 373 «t s.

l'éguse chez les peuples barbares 263

éphémère. Elle n'existait pour ainsi dire pas avant l'arrivée de Durée éphê* ... • •»*- 1 1 1 !• .11 mère de i'égli"

saint Cynlie et de saint Méthode, et on pem dire qu elle se morave.

n'e.vista plus après leur mort. Quant à la MoraAne, ce n'était

au milieu du ix^ siècle qu'une petite tribu slave soumise à la

domination de l'Allemagne et si, à la fin du ix® siècle, soas

le grand Swatopluck, elle devint un grand empire, cet empire Sot» imper-

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S eilondra au x* siècle sous les coups de 1 invasion magyare, l'hiboire reli-

Mais l'histoire de la conversion de la Moravie prend une im- ^^*^"(igy' ^"'*'

portance capitale si l'on considère l'œuvre des deux apôtres,

saint Cyrille et saint Méthode, et la portée de cette œuvre

sur l'avenir de la race slave tout entière. « Aucun des autres

héros de notre race, dit un historien russe, Hilferding, ne

saurait être comparé à Cyrille et à Méthode à ce point de vue :

leur action a été panslave; on ne peut dire cela que d'eux

seuls ' ».

Avant eux, des missionnaires de race latine et srrecque, mais ^^^ première»

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surtout de race germanique, avaient évangélisé les bords de la Moravie.

Morava. C'est là, dans le bassin du Danube, que se trouvaien les Avars, dont la tribu slave était vassale. Des missions organisées par Charlemagne à l'intention des Avars et dirigées, dit-on, par im frère d'Alcuin, nommé Arno, atteignirent le peuple tributaire en même temps que le peuple dominateur. En 824, une bulle d'Eugène II félicita les Moraves et leur prince de leur fidélité à la religion. Ce prince s'appelait Moïmir.Mais en ce moment même la nation venait de s'affranchir des Avars, dont l'empire s'était elfondré. N'allait-elle pas changer Susceptibilités simplement d'oppresseurs ? Les missionnaires impériaux, (j^i ^'*^ji°o"^Tef, ne connaissaient pas leur langue, avaient l'air de leur importer, avec leur religion, des mœurs et des lois étrangères. D'ailleurs les princes francs ne s'étaient pas contentés de leur envoyer des prêtres et des moines pour les convertir ; c'est d'eux que leur venaient aussi les soldats qui les pillaient, les comtes qui les rançonnaient, les colons qui prenaient leui'S meilleures terres. Le roi Moïmir, très bon chrétien, protestidt au nom de l'indépendance nationale. En 846, Louis le Germanique le déposa de force et imposa aux Moraves le neveu de Moïmir, Rastiz, espérant trouver en celui-ci un instrument

i. HiinRDiRO, Cyrille et Méthode, Œwres oompUtea, l. I. p ?9f.

plus docile. Il se trompa. Rastiz et son peuple voulaient bien rester chrétiens, mais non devenir sujets des Germains. C'est alors que le roi et les chefs du peuple morave conçurent un projet hardi et habile, qui concilierait leur attachement à la IIb demandent foi chrétienne et leurs instincts d'indépendance : ce fut de naires à l'em- s'adresser à l'empereur d'Orient pour lui demander des mis- ^*riÏDtf^' sionnaires. En 862, le roi Rastiz envoya à Micliel III une ambassade chargée du message suivant : « De nombreux prédicateurs chrétiens sont arrivés chez nous d'Italie, d'Allemagne, de Grèce, nous apportant diverses doctrines. Mais nous autres, Slaves, nous sommes un peuple simple, et nous n'avons personne pour nous enseigner où est la vérité. Désigne-nous donc, généreux monarque, un homme capable de nous parler suivant la raison, car c'est de vous que part la bonne foi, pour se répandre dans l'univers entier «.Michel III, qui, malgré le défaut qui lui a valu le surnom de Michel l'Ivrogne, ne manquait pas de sagesse, désigna, pour évangéliser la Moravie, deux hommes que tout semblait avoir pré- SaJniCyriiie et parés à bien remplir cette importance mission, deux frères, eaiutA:éiuode. Constantin et Méthode, dont le premier devait prendre plus tard le nom de Cyrille.

Par la sainteté de leur vie, par leur science, par leurs malheurs, par l'échec apparent de leur mission et par l'immensité des résultats lointains de leur œuvre, saint Cyrille et saint Méthode doivent être comptés parmi les hommes les Lfnrsorigiaes. plus noblement et simplement grands de l'histoire. Les deux frères étaient nés à Thessalonique, ville maritime célèbre par son commerce, sa population active et cosmopolite. « Thessalonique, dit le P. Lapôtre, était l'une des meilleures écoles de l'Orient pour s'initier aux langues et aux mœurs des Occidentaux et des Slaves. Du côté de la terre, dans quelque direction qu'il portât ses pas, le Thessalonicien ne pouvait marcher une heure sans se trouver au milieu de populations de race slave. Partout des slavinies, ou sujettes ou vassales de l'empire * ». Fils d'un haut fonctionnaire impérial, Constantin et iii."i-.phie de Méthode reçurent une éducation des plus distinguées. Mé- Méihode. thode, l'aîné, esprit grave, actif, avisé, d'un bon sens robuste,

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