A. Rambaud, L'empire ç/rec au rtixième sièc'e, p
3. « Ces évèqnes allomauds, dit le R. P. Lapôtre, ces abbés qui se posaient •n convertisseurs, les Moraves les avaient vus sur les champs de bataille et connaissaient mieux la force de leur masse d'armes que celle de leur prédication. En 849, ce sont des abbés qui mènent l'expédition contre les bohèmes. En 871, c'est Aruo, le belliqueux év*que de Wirzbourg, Arno, qui reparait encore l'année suivante, guerroyant contre les Moraves, en compagnie du non moins belliqueux abbé de Fulde.Sigehard. » L'Europe et le Saint-Siège, p. 9S.
l'église chez les peuples barbares 267
la lanî^e slavonne que Constantin et Méthode connaissaient
A fond et dont ils se servaient non seulement dans leurs pré-
• 1 1 m Ti • T f •♦ I'* introdaf-
dications, mais aussi dans les ollices liturgiques. La partaite gent la langue
connaissance qu'ils avaient de cette langue leur permit même fi*'' ^^g^^g*^*" de composer en quelques jours un système pratique d'écriture turglque». du slavon et de commencer à traduire les Livres sacrés. « Des rives du Danube, a-t-on dit, jusque dans les hautes vallées de la Moravie, ce fut comme un enchantement et ime délivrance '. » Hélas ! l'œuvre de Dieu n'allait pas tarder à être marquée du sceau de l'épreuve.
L'autorité impériale, à la nouvelle des succès des deux missionnaires, s'alarma. Elle eut peur que ces Orientaux ne Germarns.** vinssent à supplanter le clergé allemand et que l'empire ne se trouvât ainsi privé de ses meilleurs auxiliaires. Une armée lo^i^^ GeraUemande, conduite par Louis le Germanique en personne, m*'»'q"e« passa sur la rive gauche du Danube, et mit le siège devant la grande forteresse de la Moravie, la Dowina. Le duc Rastiz n'échappa à une ruine complète qu'en renouvelant à l'empereur son serment de vassalité *. D'autres difficultés, d'autres conflits, plus douloureux aux cœurs des deux apôtres, les attendaient. Cyrille et Méthode s'étant rendus en Italie pour faire ordonner prêtres quelques-uns de leurs collaborateurs (nous savons que ni l'un ni l'autre n'avaient le caractère épiscopal) s'arrêtèrent à Venise, où leur habitude de célébrer ^llugie* stâ-'*
la messe en slavon scandalisa fort le cler^ré latin. Des cano- ^«""e *!«"» •*
j , , . ,. 1 1 • lituij^ie ebl dé-
mstes et des théologiens prétendirent que, de droit divin, noucé à Rome,
trois langues seulement avaient le privilège de servir aux offices liturgiques, à savoir celles qui avaient été représentées sur l'écriteau de la croix, l'hébreu, le grec et le latin. Les missionnaires eurent beau exposer qu'ils avaient cru faire une chose toute naturelle, venant d'Orient, où l'on voyait la messe se célébrer, suivant les contrées, en çrec, en persan, en arménien, en syriaque et en copte. Dénoncés au Pape, ils furent obligés de se rendre à Rome poiir se disculper auprès de Nicolas I". Ils y furent reçus par le pape Hadrien II, qui venait de succéder à Nico-