‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 157 sur 284 · LiPÔTM, p · texte numérisé non relu

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î. Annales de Fulda. a 864. flist. dn Gaule», Vif, 171

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las I*', et qui écouta avec bienveillance les deux suspects. Touché de leur piété, de leur zèle et des fruits obtenus en Moravie par leur apostolat, Hadrien II, sans égard pour la théorie trilingue des théologiens de Venise, autorisa les mis- CyriHe et Mé- sionnaires à garder leurs livres sacrés en langue slavonne, orpronvés par le donna prêtre Méthode et s'apprêtait même à sacrer évêque Ha^nea II Constantin, quand celui-ci mourut de la maladie qu'il avait contractée dans sa mission auprès des Khazares. Avant de mourir le saint prêtre avait voulu faire profession de moine et c'est à cette occasion qu'il prit le nom de Cyrille sous lequel il est honoré dans les Eglises d'Orient et d'Occident. Le Pape conféra alors l'ordirtation épiscopale à Méthode, à qui il assigna comme circonscription non seulement la Moravie, mais aussi la Pannonie. Les troubles politiques de la Moravie, où le vieux duc Rastiz avait été déposé et livré aux Allemands par son neveu Swatopluck, obligèrent Méthode à se rendre directement en Pannonie, où de nouvelles tribulations l'attendaient.

La province de Pannonie, située sur les bords du lac Balaton près de la Bavière, avait déjà été convertie par les Alle- Méfhoiie en mands. Quand Méthode y célébra la messe en slavon, il y souleva le même scandale qu'à Venise. Seulement, en présence de ces seigneurs-évêques et de ces seigneurs-abbés, « qui sentaient, a-t-on dit, plus le harnais que l'autel * », et qui s'entendaient mieux à manier la masse d'armes que le syllogisme aristotélicien, il ne pouvait être question, comme en Italie, d'essayer de vider la question par une argumenta- B y est peraé- tion scolastique ou d'attendre une réponse de Rome. Les pré- Bavanji».** lats bavarois eurent tôt fait de réunir, en 870, un concile na tional en présence de Louis le Germanique ; et ce qui se passa dans ce pseudo-concile, la nature des arguments auxquels eurent recours les évêques de Passau, de Salzbourg et de Freising contre l'évêque de Moravie et Pannonie, nous le savons par des lettres authentiques. Imperturbable sous les coups de poing et les soufflets '\ Méthode exaspérait ses adversaires. Le pape Jean Vlll, dans une de ses lettres, nous apprend qu'on vit un jour l'évêque de Passau, Ermenrich,

1. R P. Lapôtbb, L'Europe et le Saint-Siège, p. i07. S. Colaphis affligentes, Jaffb, I, 2916.

l'église chez les peuples barbarks 269

entrer dans la salle du concile en costume de cheval, le fouet à la main, et se précipiter sur l'évêque de Pannonie pour le cingler au visage. Ses collègues l'arrêtèrent à temps '. Bref, Méthode fut jeté dans une prison ouverte à tous les vents, où pendant deux ans il subit d'horribles tortures . Ce fut sans pré- Méthode ni judice, d'ailleurs, d'une dénonciation en forme, portée à '® "° pnion. Rome, sous le double chef d'introduction dans la liturgie d'une langue nouvelle et d'omission dans la récitation du symbole de la formule Filioque, que l'Occident tout entier avait adoptée à cette époque.

On était arrivé à l'an 872. Au pape Hadrien II venait de succéder Jean VIII. Une fois de plus, Rome, plus large que les prétendus défenseurs de ses droits, donna raison à l'évêque de Moravie et Pannonie. Elle lui demanda toutefois de ne se latervenfJon serN'ir de la langue slavonne que dans ses prédications '. j«an'vin. Quelles furent les circonstances qui permirent, six ans plus tard, à Méthode de se croire autorisé à célébrer la messe dans la langue nationale ? Nous l'ignorons. Nous savons seulement que, dénoncé pour ce fait, mandé à Rome par le pape Jean VIII, il fit valoir de telles raisons, que le Souverain Pontife, rendant hommage à la parfaite orthodoxie de Méthode, déclara solennellement, dans une lettre adressée au roi Swatopluck en juin 878, que rien ne s'opposait à ce qu'on chantât la messe en slavon, « Dieu étant aussi bien l'auteur de cette langue que de toutes les autres langues * ».

La Moravie était alors près d'atteindre l'apogée de sa puissance. Swatopluck, après s'être appuyé sur les Allemands Mut Sw*topour détrôner son oncle, s'était affranchi d'eux. Son empire ^*^ " allait bientôt s'étendre au nord sur toute la Bohême, au sud sur toute la Pannonie jusqu'au Danube. Ce grand homme paraît avoir été doué d'un remarquable sens politique. Il avait Pomjg j compris de quelle importance était l'œuvre de Méthode pour le Swatopluck. maintien de l'indépendance nationale et de l'autonomie de sa

1. In episcoporum conoilium tractum equino flaqello percuteres, nû{ prohibereris ab aliis. Lettre de Jean VIII à Ermenrich de Passau. Newet Archiv . t. V, p. 303 JAPré. I, 2977.

2 Sub divo,ocerrima ki'imis immanitat'^, dit Jean VIII. Lettre de Jean VIII h Ermenrich de Passau, Nevoet Archiv.^ t. V, p. 303. J^iié, I, 2978.

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